Le Souper des maléfices

Bkk couv le souper des malefices

4Challenge

 

  • Auteur : Christophe Arleston
  • Pays :  France
  • Sortie : 06/10/2016
  • Adaptation : Non
  • Public : Tout Public

4e de Couverture

Les agents de Slarance ont tous été assassinés. Dernière d'entre eux, Zéphyrelle se voit confier sa première mission par le dynarque : mettre à jour les trafics qui empoisonnent la cité et déstabilisent son économie avec l'importation d'un blé étrange... Une dangereuse enquête la conduit du monde des tavernes à matelots aux plus feutrés cabinets du pouvoir. Mais l'intervention inattendue d'un cuisinier amoureux et de son grimoire de recettes magiques va compliquer l'affaire.

Des personnages attachants, une aventure captivante et la touche d’humour propre à l’auteur de Lanfeust de Troy : Soupers et Maléfices est un roman qui se dévore avec passion.

La Critique de ChoupieS

Un roman de light fantasy, tout en ironie et dérision, pour un grand bol d’amusement, quoi de mieux ?

 

Résumé :

Il n’y a plus de blé à Slarance !

Enfin si, il y a bien du blé, mais seulement de secondes zones, nocif aussi bien pour les humains que les animaux. Le dynarque, Ib Morkedaï, confie alors la lourde tâche à Image 1 bkk ble 313x500Zéphyrelle, un simple agent, de découvrir pourquoi la ville est envahie de cette céréale impie.

Pourquoi elle, et pas un agent confirmé ?

Parce qu’il n’y a plus d’agent confirmé à Slarance !

Non, là y’en a vraiment plus.

Mais qui en veut à la ville de Slarance ? Quel complot infâme se trame-t-il dans les profondeurs ? Car, il n’y a pas pire chose que de s’attaquer aux victuailles ! Et ça, Fanalpe ne me contredira pas.

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

La plume de l’auteur est empreinte d’une ironie constante. On peut noter une légèreté dans la formulation et la construction de la phrase, allant parfaitement avec le type de texte travaillé. Dire qu’il y a de la légèreté n’est pas péjoratif, au contraire. Christophe Arleston a su allier la comédie et l’ironie sans rendre son texte pompeux et pataud.

 

  • L'intrigue : 

En repensant à cette histoire, je ne peux pas m’empêcher de rire. Je revois des passages totalement loufoques, qui m’ont littéralement fait pleurer de rire.

La trame de l’intrigue se fonde sur quelque chose de totalement banal et absurde. En effet, le quotidien de Slarance se retrouve perturbé par l’arrivée d’un blé d’une qualité catastrophique, qui rend les gens dépendants et malades, mais avec un rendement conséquent. Le pire est que tous les habitants se rendent compte que ce blé est infect, mais ils ne peuvent pas s’empêcher d’en consommer. Rien qu’avec ça, on peut se rendre compte de l’absurdité de la chose. Or, c’est ça qui est génial !

Toute l’histoire va suivre un fil conducteur parfaitement logique, consistant à suivre l’héroïne dans sa quête de vérité sur les événements de Slarance. Mais, pour conserver l’aspect unique de l’histoire, à savoir le petit côté loufoque, ce fil vaImage 2 bkk soupe être parsemé d’un peu d’ironie par ci, d’absurdité par là. Le tout, formant une soupe homogène et fort gouteuse, dont on ne se lasse pas.

Le rythme est parfait. On ne ressent pas cette sensation que l’on peut avoir parfois, d’avoir envie de courir après les informations pour voir l’histoire avancée.

Il y a un jeu qui consiste à suivre deux personnages. Chacun d’eux va mener sa quête. On nous amène le fait que, malgré leur but totalement différent l’un de l’autre, il y aura forcément un croisement qui va s’opérer. En utilisant l’astuce des quiproquos, l’auteur arrive à nous donner un peu de ce que l’on avait pressenti, sans pour autant dévoiler tout de suite le pot aux roses. Non seulement on a les informations nécessaires pour ne pas se sentir frustré, mais en plus on nous donne l’eau à la bouche jusqu’à la fin.

 

  • L'univers :

L’auteur, en partant d’une trame simpliste et vu des millions de fois, a su créer une réelle originalité, justement en se servant d’une chose quotidienne comme cœur de complot. Et quoi de plus banal, mais vital que du blé.

Il y a une logique implacable et pourtant peu utilisée, celle que j’appellerai « l’appel du ventre ». Quoi de plus logique que d’utiliser la nourriture comme cœur d’un complot pour déstabiliser toute une économie ? C’est tellement simple et évident que c’est toujours peu utilisé comme trame d’intrigue.

Ce qui m’a frappé dans ce livre, c’est la manière dont l’auteur s’y est pris pour construire son univers. Même si l’on vogue vers d’autres horizons, on a l’impression d’être à l’intérieur d’un petit cocon. Ce microcosme, dans lequel évoluent les personnages, ressemblerait presque à une grosse boule à neige que l’on n’arrête pas de secouer.Image 3 bkk boule a neige 313x500

L’aspect de la ligth fantasy est indéniable. Pour rappel, la light fantasy est le pan du genre dédié à la comédie, l’ironie et aussi la parodie. L’ironie est ici parfaite, et la dérision est à son comble. Je vais illustrer mon propos avec un passage que j’ai beaucoup apprécié. Zéphyrelle, l’héroïne, se déguise constamment. À un moment donné, elle va se déguiser en ramoneur et par la suite changer de costume plusieurs fois. Or, elle est suivie et peu importe l’aspect qu’elle prend, elle se fait toujours rattraper. Quand elle demande à l’un de ses poursuivants, comment ils sont arrivés à la suivre, il lui répond le plus simplement du monde, que c’est grâce à la suie qu’elle a sur le visage. L’absurdité et le ridicule de la situation se situent dans le fait que depuis le début de l’histoire, la jeune femme se vante d’être une vraie pro du déguisement.

La noblesse n’est pas non plus à la noce, et sur ce point j’avais l’impression de lire des pièces de Molière, comme Les Précieuses ridicules, L’Avare ou Image 4 bkk les precieuses ridiculesLe Bourgeois gentilhomme. On retrouve dans ce roman l’aspect comique-ironique de toutes ces pièces de théâtre, avec un noble qui pense qu’une semaine suffira pour semer et récolter du blé, par exemple. Et bien sûr, l’intrigue amoureuse tout aussi invraisemblable est présente, et très plaisante à découvrir.

Mais, même si on devine qu’il s’agit de light fantasy, on le devine justement. Rien à redire sur le côté du Light, par contre c’est sur le côté fantasy que cela pêche un peu. Autant les informations étaient bien distillées pour l’intrigue, autant cela est moins visible sur ce point. On sait que l’on est dans un univers fantasy par quelques petites données qui nous sont fournies, mais parfois je me reposais la question. J’avais des tendances à me croire dans un genre steampunk, par quelques aspects. Le mélange des genres ne me gêne pas, au contraire, mais c’est dommage que ce soit aussi flou.

 

  • Les Personnages :

La première chose que j’ai envie de dire est que l’on s’attache à eux très rapidement. On a tout de suite envie de découvrir ce qui va leur arriver ; et, à la fin, j’avais encore envie de rester avec eImage 5 bkk scene theatre 313x500ux.

On n’est pas ici, dans une construction complexe des personnages, ce n’est pas le but. L’objectif est de nous faire vivre une aventure avec des acteurs hauts en couleur, ayant chacun son rôle. Tout cela, dans le même style que les pièces de Molière dont j’ai déjà parlé.

Les personnages de Zéphyrelle et de Fanalpe tiennent parfaitement le devant de la scène. Quand on imagine qu’ils nous ont montré tout leur potentiel, on se rend vite compte qu’il n’en est rien. De ce fait, on en apprend sur eux, jusqu’à la dernière ligne.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste, car ils sont là pour donner une impulsion toujours un peu plus forte, pour que l’intrigue soit enjouée et trépidante.

 

En Bref : 

En bref, Le Souper des maléfices fait partie de ces romans qui prouvent que la light fantasy est de la Fantasy, même si ici cette dernière n’a pas été facile à constater.

Le côté loufoque et ironique de l’intrigue est pleinement assumé par un style empreint de fluidité et de légèreté. Même si l’histoire part d’une base simpliste, il n’en demeure pas moins que la trame n’est pas évidente à tenir de bout en bout. En effet, pour apporter plus de rythme, et renforcer la comédie, l’auteur a choisi d’opter pour plusieurs subterfuges, et notamment ceux des quiproquos et des fausses pistes, en scindant l’intrigue entre deux personnages.

Les aspects que l’on peut apprécier chez Molière se retrouvent ici, Image 6 bkk oie 313x500avec des propos et situations totalement absurdes, dépeignant une noblesse précieusement ridicule. Le tout passe facilement dans un univers cocooning qui devient vite familier.

Les personnages sont on ne peut plus amusants et leur absurdité est excusée par la réelle sincérité et toute la flamme qu’ils mettent à tenir leur rôle. Les clichés sont volontairement grossiers et nous offrent de bonnes tranches de rire.

À ceux qui n’auraient jamais testé d’œuvre de light fantasy, je leur recommande cet ouvrage qui saura les faire plonger dans le genre d’une façon certaine, tout en restant light.

 

Points Faibles Points Forts
  • Flou sur l’univers
  • Plume légère et ironique
  • Intrigue cohérente et bien rythmée
  • Univers et personnages attachants
  • Originalité

 

 

Notation : 

Style Écriture : 9/10

Intrigue : 8.5/10

Originalité : 8.5/10

Univers : 7/10

Personnages : 8/10

Moyenne Globale : 8.2/10

Sources Illustrations :

Image 1 : http://www.bloc.com/article/alimentation/cereales/le-ble.html

Image 2 : http://www.coupdepouce.com/cuisine/entrees-et-accompagnements/recette/soupe-aux-haricots-et-aux-tomates

Image 3 : https://www.wien.info/fr/shopping-wining-dining/shopping/shopping-christmas

Image 4 : http://www.babelio.com/livres/Moliere-Les-Precieuses-ridicules/20167

Image 5 : http://ppbrumath.free.fr/index.php?texte=61

Image 6 : http://www.fermedebeaumont.com/oie-rieuse-p-4295.html

Extraits

Extrait 1 : Chap.2 p.32

— Soyons pragmatiques face à l’adversité. Je vais faire planter quelques arpents de bon blé, Fanalpe. Pas une grosse production, oh non, mais de quoi alimenter mes cuisines. Qu’en penses-tu ?

— Une magnifique idée, Excellence.

— Bien sûr il va falloir choisir la meilleure terre et mettre dessus un de ces… Comment les appelle-t-on déjà ?

Ses doigts voletaient dans l’air, suggérant des formes.

— Épouvantails, Monsieur le Duc ?

— Presque ! Ceux qui bougent.       

— Paysans, Monsieur le Duc.

— Voilà, nous placerons sur cette bonne terre un paysan. Comme à la campagne. D’ailleurs cette terre, nous la choisirons à la campagne. L’endroit me semble tout à fait approprié pour y faire pousser des choses, n’est-ce pas ?

— Un choix judicieux, Excellence. Mais en attendant ?

— En attendant quoi ?

— La prochaine récolte, Monsieur le Duc. Comment allons-nous faire d’ici là ? Il n’y a plus une once de farine correcte à des dizaines de lieues à la ronde ! Je ne vous ferai pas l’insulte d’un nouveau pain aux herbes ou aux anchois.

— C’est long cette affaire de récolte ? Penses-tu que si nous trouvons des terres demain, que nous posons un épouvantail dessus, ou un paysan, peu importe, nous pourrions espérer quelque chose d’ici la semaine prochaine. Je crois que je dois pouvoir vivre sans pain. Voilà, une semaine, ça me semble un délai convenable.


Extrait 2 : Chap.2 p.42

L’arrêt au Moulin de la Chute, un bel établissement situé au pied d’une cascade, fut assez bref. Zéphyrelle qui avait pris l’apparence d’une vieille femme attendit sur une borne. Quoi de plus innocent qu’une ancêtre profitant du soleil ? Elle commençait à se délasser réellement lorsque l’homme ressortit, tous ses traits exprimant la contrariété. Il passa à quelques pouces d’elle sans la remarquer et sauta dans son véhicule que repartit aussitôt. Elle se maudit lorsqu’il fallut se remettre en route : son idée n’était pas si bonne. En effet le pousse-pousse filait bon train et l’apparence de Zéphyrelle contrastait avec son pas long et vigoureux. Elle devait même parfois se mettre à courir pour ne pas être distancée et les passants se retournaient, étonnés de voir une vieille brûler le pavé à une telle cadence.

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Actu SF
  • Date de Publication : 06/10/2016
  • Format : 200 x 140 mm
  • Nombres de pages : 300
  • ISBN : 978-2-36629-824-6
  • Prix : 19.00€

Numérique

  • Éditeur : Actu SF
  • Date de Publication : 06/10/2016
  • Format : Epub, Mobi, PDF sans DRM
  • Nombres de pages : 396
  • ISBN : 
  • Prix : 5.99€
 

Où l'acheter

Les libraires 1Actu sf 313x500 Amazon Chapitre Fnac Decitre CulturaPrice minister     

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Commentaires

  • SgtSopal
    • 1. SgtSopal Le 13/10/2016
    Ca a l'air assez interessant. Mais du coup, le genre et la note, c'est équivalent a un TerryPratchett/20 ?
  • choupies
    Concernant la notation, autant que possible, j'évite de me baser sur des œuvres de mêmes types et de faire un comparatif, surtout pas sur des gros monuments comme Pratchett.
    Faire une comparaison risquerait de ne pas donner à l'œuvre chroniquée, la note qu'elle mérite réellement. Pour attribuer les notes, je me sers de critères plus généraux, comme le confort de lecture (pour le style), la cohérence et l'enchainement des événements de l'intrigue, la maîtrise de l'univers créé, la construction des personnages. Et il y en a encore beaucoup d'autres.
    Par contre, par rapport au genre on est sur le même style que Pratchett, la light fantasy. Pas de doute la dessus. Après, il est difficile d'arriver à la hauteur de Pratchett, mais cette œuvre se défend très bien, et possède une bonne base.
  • SgtSopal
    • 3. SgtSopal Le 13/10/2016
    Ok, merci pour les précisions.
    Je n'ai pas beaucoup d'autres ref sur la light fantasy en roman que TP, c'est pour ça.
  • choupies
    De rien c'est normal ;-)

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