Misery

Bkk couv misery stephen king

4 5Avertissement : Violence

 

  • Auteur : Stephen King
  • Pays : USA
  • Titre VO : Misery
  • Éditeur VO : Viking
  • Sortie VO : 08/06/1987
  • Sortie VF : 13/06/1989
  • Traduction : William Oliver Desmond
  • Adaptation : Oui (Film)
  • Public : Adulte
  • Formats Disponibles : Papier / Numérique / Audio

4e de Couverture

Paul Sheldon écrivait pour gagner sa vie. Maintenant, il écrit pour rester en vie.

La Critique de ChoupieS

Une plongée formidable dans les méandres de l’écrivain, à travers un thriller psychologique remplit d’horreur et d’angoisse.

 

Résumé :

Quand un écrivain met le point final à un ouvrage, il ressent à la fois de la tristesse et de l’euphorie. C’est cette Bkk misery stephen king img 1 paul sheldondernière qui pousse Paul Sheldon, auteur à succès de la saga des Misery Chastain, à prendre le volant alors qu’il a un peu trop bu. Conduire en état d'ébriété est dangereux, on ne cesse de le répéter. Après un grave accident, Paul reprend conscience, soulagé d’être vivant, mais pas pour très longtemps. Quand son infirmière se trouve être une grande fan de Misery comment réagirat-elle, en apprenant que son héroïne est morte dans le tome qu’elle est en train de lire ?...Bah moi je vous le dis, plutôt mal.

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

Du King tout cracher. Misery fait partie des classiques de l’écrivain, et pour cause. On y retrouve la patte stylistique de ce dernier qui n’hésite pas à foutre en l’air le concept de la fluidité de lecture, si celui-ci empêche d’immerger le lecteur dans ce qu’il nous raconte. On peut ainsi observer des sortes « d’arrêt sur image », des changements typographiques, des oscillations dans la rythmique narrative. C’est à la fois ce qui est plaisant et détestable dans le style de Stephen King.

« Détestable » parce qu’il nous interdit de nous reposer sur nos lauriers. En jouant avec les polices d’écriture, il marque une modification nette dans les actions portées à notre connaissance. Ainsi nous ne savons pas à quoi  nous attendre et combien de temps vont durer ces incertitudes.

« Plaisant » parce que King nous offre une certaine interactivité avec son histoire en utilisant les outils typographiques à sa disposition.

 

  • L'intrigue : Bkk misery stephen king img 2 ecrivain

La force incontestable de ce livre tient sur le récit à la première personne via la voix du personnage principal, Paul Sheldon.

L’écrivain à succès se retrouve, à la suite d’un grave accident de la route, séquestrée par une fan, Annie Wilkes, qui va lui faire vivre un véritable enfer. L’accident a blessé Paul dans sa chair et Annie le torture dans son psychique.

Nous offrir cette histoire du seul point de vue de Paul, en combinant différents types de narration, absorbe le lecteur dans l’histoire. Quand Paul souffre de ses jambes, allongé sur le lit, on souffre avec lui. Quand il désespère devant la machine à écrire, on désespère également parce que l’on craint, tout comme lui, ce que sa tortionnaire pourrait lui faire subir.

La construction est faite de telle sorte que l’on est dans l’attente du dénouement. Tout comme Paul, on se retrouve prisonnier d’Annie Wilkes ; et à part tourner les pages, les unes après les autres, on ne peut rien faire d’autres. Stephen King nous prive même des spéculations d’usage que l’on a tendance à formuler en pleine lecture. En effet, elles sont toutes énumérées ouvertement par le narrateur.

 

  • L'univers :

Non seulement le nombre de personnages est limité, mais il en va de même pour les lieux  où se développe l’action.

L’histoire se déroule, pour 4/5e du temps, dans la petite chambre où Annie retient Paul prisonnier.Bkk misery stephen king img 3 deesse C’est encore plus oppressant que celui-ci est privé d’une bonne partie de ses mouvements. Le huis clos installé accentue la sensation de malaise.

Cela laisse ainsi à l’auteur tout le loisir d’approcher en profondeur des sujets tels que la folie via le comportement d’Annie, mais également via celui de son narrateur qui perd pied petit à petit.

King entre dans une introspection implacable de l’esprit de l’écrivain qui se trouve en permanence sur la corde raide entre d’un côté la réalité et de l’autre l’imaginaire qu’il façonne.

Même le lecteur finit par perdre de vue la frontière et doute de ce qui est vrai, et de ce qui ne l’est pas ; surtout quand on connait le goût prononcé de l’auteur pour les faux semblants et les situations tortueuses.

  • Les Personnages :

De prime abord, on pourrait se dire qu’il n’y a que deux personnages intervenant dans Misery, mais en affirmant cela on est bien loin de la vérité.

Les personnages centraux, Paul et Annie, sont si profonds qu’ils vont donner naissance à d’autres Bkk misery stephen king img 4 machine a ecrireprotagonistes plus ou moins complexes et aux formes variées. Personnellement j’en ai compté sept. De ce fait, le huis clos mis en place prend davantage de relief.

Quatre de ces personnages sont faciles à trouver, car ils sont mentionnés comme titre de partie de l’ouvrage. Les trois autres sont un peu plus subtils, mais néanmoins présents et importants au déroulé de l’histoire.

Comme vous êtes sympathiques, je vous dévoile les sept personnages que j'ai trouvé. Toutefois si vous avez envie de les découvrir par vous-même, je vous invite à passer cette partie, et vous rendre directement sur le « En bref » de cette chronique.


Ainsi nous avons Paul Sheldon (1), écrivain à succès retenu prisonnier par une fan complètement folle et déconnectée de la réalité, Annie Wilkes (2).

Annie sauve Paul pour le plonger dans un enfer physique, moral, mais également intellectuel. De cela découle un autre personnage la Déesse (3), désignée ainsi par Paul. Cette déesse est une déesse du mal personnifiée par une Annie qui ne souhaite que faire souffrir Paul par tous les moyens, et cela jusqu’à la dernière page du livre. En faisant cela, Paul se retranchera au plus profond de lui-même entrant ainsi en communication avec un autre Paul, le Paul réaliste (4) qui le met toujours devant le fait accompli. Ce dernier réussira à remarquer et parfois même à désorienter Annie, qui cache, elle aussi, une autre Annie Wilkes. Celle-ci s’avère être fragile et détentrice du lien avec la réalité (5).

Les deux derniers personnages sont plus vicieux. Le premier se trouve être Misery (6). Pas le personnage de Misery Chastain inventé par Paul Sheldon, mais l’univers intégral fictif créé pour mettre en scène la lady, avec l’intégralité de ces personnages et de ces lieux. Le second et dernier se trouve être la machine à écrire (7) qu’Annie donne à Paul pour qu’il puisse travailler. L’objet s’avèrera être un autre bourreau de Paul « avec son sourire édenté ».


En Bref : 

En bref, Misery est une œuvre dérangeante qui passe ou qui casse.

La plume de King, toujours aussi incisive, perturbe volontairement leBkk misery stephen king img 5 annie wilkes lecteur en usant de procédés de style, afin de l’immerger dans la folie en cours.

Cette histoire déstabilise, en volant aux lecteurs la possibilité de se raccrocher à ce qu’il a l’habitude quand il lit un livre. Ainsi, les spéculations habituelles sont clairement formulées par le narrateur séquestrant le lecteur comme l’est Paul Sheldon, ce qui l’oblige à attendre le dénouement.

Le huis clos instauré se joue avec sept personnages découlant de la forte consistance des deux personnages physique, Paul et Annie. L’oppression est à son comble, d’autant que les lieux utilisés sont réduits au maximum.

À ceux qui souhaiteraient entrer dans un réel thriller psychologique, je leur recommande Misery, en leur préconisant de faire attention à ne pas perdre de vue la frontière entre imaginaire et réalité.

 

Points Faibles Points Forts
  • Coquilles
  • Présence de formules grammaticalement douteuses
  • Format de l’œuvre
  • Intrigue déstabilisante
  • Immersion
  • Personnages consistants

 

 

Notation : 

Style Écriture : 9/10

Intrigue : 8/10

Originalité : 8.5/10

Univers : 10/10

Personnages : 9.5/10

Moyenne Globale : 9/10

Sources Illustrations :

Image 1 – Paul Sheldon (James Caan) : http://mamemoir.canalblog.com/archives/2010/04/10/17531302.html

Image 2 – écrivain : https://pixabay.com/fr/adulte-alphabet-antique-black-2242164/

Image 3 – Déesse : https://pixabay.com/fr/adulte-alphabet-antique-black-2242164/

Image 4 – machine à écrire : https://pixabay.com/fr/adulte-alphabet-antique-black-2242164/

Image 5 – Annie Wilkes (Katy Bates) : http://villains.wikia.com/wiki/Annie_Wilkes

Extraits

Extrait 1 :

1

Uméroooooo unnn

fidêêêê

miraaaaa mérooo unnn

Ces sons ; même dans la brume.

2

Mais parfois les sons – comme la douleur – s’estompaient, et il n’y avait plus que le brouillard. Il se souvenait des ténèbres : ténèbres compactes qui avaient précédé la brume. Cela voulait-il dire qu’il faisait des progrès ? Que la lumière soit (même du genre brumeux) car la lumière était bonne et ainsi de suite. Ces sons avaient-ils existé dans les ténèbres ? Il ignorait la réponse à ces questions.

Cela avait-il le moindre sens de les poser ? Même à cela il ne pouvait répondre.

La douleur rôdait quelque part en dessous des sons. Elle gisait à l’est du soleil et au sud de ses oreilles. C’était là tout ce qu’il savait.

Pendant un durée de temps qui lui parut très longue (et qui donc l’était car n’existaient rien d’autre que la souffrance et la tempête de brume) ces sons restèrent la seule réalité extérieur. Qui il était et où il se trouvait, il n’en avait aucune idée – et d’ailleurs il s’en moquait éperdument. Il aurait voulu être mort, mais dans le brouillard imbibé de douleur qui lui remplissait l’esprit comme une nuée d’orage d’été, il ignorait le désirer.


Extrait 2 :

« Il faut que je rince, maintenant, dit-elle, sinon le savon va laisser une trace plus sombre. Je dois tout faire, et tout faire à fond. Quand on vit seule, on n’a aucune excuse à bâcler le travail. Ma mère avait un devise, Paul, et je la mets en pratique. ‘Une fois crasseux, jamais net’, voilà ce qu’elle disait.

— S’il vous plaît, gémit-il. S’il vous plaît, j’ai mal, c’est à mourir.

— Non, vous ne mourrez pas.

— Je vais crier », dit-il, se mettant à pleurer plus abondamment. Ça lui faisait mal de crier. Ça lui faisait mal aux jambes et ça lui faisait mal au cœur. « Je ne vais pas pouvoir m’en empêcher.

— Alors criez. Mais n’oubliez pas que c’est vous qui avez fait tout ce gâchis. Pas moi. Ce n’est de la faute de personne d’autre que vous. »

Il réussit néanmoins à ne pas crier. Il la regarda plonger la serpillière dans l’eau, l’essorer, frotter, rincer et recommencer. En fin de compte, alors que la pendule qu’il imaginait se trouver dans le salon sonnait trois coups, elle se leva et prit le seau.

Elle va sortir maintenant. Elle va sortir et je vais l’entendre vider le seau dans l’évier et peut-être qu’elle ne va pas revenir avant des heures parce que je ne sais pas si elle juge m’avoir assez puni ou non.

Mais au lieu de sortir, elle se dirigea vers le lit et fouilla de sa main libre dans la poche du tablier. Elle en tira non point deux gélules mais trois.

« Tenez », dit-elle tendrement.

Il les engloutis et lorsqu’il releva les yeux, il la vit qui soulevait le seau de plastique jaune et le lui tendait. Il remplissait son champ de vision comme une lune à son couchant. Quelques goutes d’eau grisâtre tombèrent sur le drap.

« Faites-les descendre avec ça », ordonna-t-elle. Il y avait toujours de la tendresse dans sa voix.

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Albin Michel
  • Date de Publication : 13/06/1989
  • Format : 155 x 240 mm
  • Nombres de pages : 391
  • ISBN : 978-2-226-03673-5
  • Prix : 22.00€

Numérique

  • Éditeur : Albin Michel
  • Date de Publication : 20/05/2010
  • Format : Epub / Mobi
  • Nombres de pages : 391
  • ISBN : 978-2-226-21621-2
  • Prix : 8.49€

Poche

  • Éditeur : LGF/ Livrfe de Poche
  • Date de Publication : 03/09/2002
  • Format : 110 180 mm
  • Nombres de pages : 391
  • ISBN : 978-2-253-15137-1
  • Prix : 7.10€

 

Audio

  • Éditeur : Thélème
  • Date de Publication : 03/03/2010
  • Lecture :  Paul Barge
  • Format : 2 CD MP3
  • Durée : 15h00
  • EAN : 978-2-87862-617-9
  • Prix : 21.00€ (CD) // 17.00€ (Téléchargement)
 
 

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