Lawrence de Picardie

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  • Auteur : Jean Saintot
  • Pays :  France
  • Sortie : 06/03/2015
  • Adaptation : Non
  • Public : Adulte

4e de Couverture

« Mes amis ! déclama Lawrence. Depuis trop longtemps, la Picardie a attendu son heure de gloire. Depuis trop longtemps, nous courbons l’échine sous le joug des Francs.

« Voilà mille six cents ans que ces barbares bafouent notre droit à l’indépendance et à la souveraineté sur nos ressources naturelles. La Picardie était l’une des régions les plus belles et les plus fertiles d’Europe, et que nous ont apporté nos envahisseurs ? La misère, les guerres et l’impôt qui tue. Durant leurs guerres stupides contre Albion ou la Germanie, notre région fut le champ de bataille de l’Europe entière. Et maintenant, ils cherchent à nationaliser nos champs de betteraves ! À nous déposséder de tout ce que nous avons ! »

 

L’insurrection générale de la Picardie m’a frappé comme un impératif littéraire et politique. Dans « Lawrence » comme dans notre réalité, ce ne sont pas les Picards qui rejettent le « système », mais la société qui les rejette dans ses marges. À une élite qui les méprise ou les ignore, ils opposent leur débrouillardise, leur sens de l’entraide et leur esprit d’indépendance. L’indépendance des Picards est leur respiration : j’ai voulu leur donner un grand bol d’air.

– Jean Saintot.

Jean Saintot a 29 ans. Lawrence de Picardie est son premier roman.

La Critique de ChoupieS

Ce livre m’a laissé tellement perplexe, que je sais à peine quoi en dire.

 

Résumé :

Quand le monde entier manque de pétrole, c’est la véritable catastrophe. Or, le Premier ministre du Royaume de Bretagne, Winston Pitt, n’entend pas laisser son pays péricliter alors Image 1 betteraves 313x500qu’une rumeur venant de son voisin, le Royaume de Francie, fait état d’un nouveau carburant. Il envoie donc son plus fidèle espion, Thomas Edward Lawrence, se renseigner. Ce dernier va tout de suite se rendre compte que les rumeurs sont fondées et que l’éthanol de betterave est l’unique solution pour sortir de cette crise. Mais, il y a un problème. Les betteraves ne poussent qu’en Picardie, et ses habitants ne sont pas prêts à céder leurs terres.

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

Jean Saintot possède une plume assez fluide dans l’ensemble. Je n’ai pas grand-chose à dire de ce côté. Ce n’est pas ce qui m’a le plus interloqué.

En fait, on est tellement pris au dépourvu, par l’œuvre en elle-même, que l’on ne fait pas bien attention au style d’écriture. Est-ce une bonne chose ou non ? Je vous avouerais que je me pose encore la question.

D’un côté, on pourrait dire oui, car cela veut dire qu’il n’y a pas d’accrocs à la lecture. Mais de l’autre, on pourrait se dire que la plume est banale puisqu’elle n’arrive pas à apparaître derrière tout le reste.

 

  • L'intrigue : 

OH MY GOD ! ! ! ! Non, mais OH MY GOD, c’est quoi cet OVNI ?Image 2 ovni

Franchement, l’intrigue est complètement alambiquée, et encore je pèse mes mots. En fait, on a l’impression qu’il fallait juste à l’auteur une histoire, pour éviter que son livre ne se retrouve dans le rayon « Politique et Social ».

Est-ce qu’il faut vraiment que je donne mon avis dessus ?

Pour résumer, je dirais que cette intrigue est…bordélique. Oui, c’est ça, c’est le bordel. Désolé, mais il n’y a pas d’autres mots. Chacun son point de vue, je vous le dis toujours.

J’aime les histoires qui sortent de l’ordinaire, mais là mes limites ont été atteintes.

Le pire, et c’est très paradoxal, il faut quand même reconnaître qu’il y a de la logique dans le déroulement. La logique se situe dans l’illogique. En même temps, une fois que l’on a intégré que tout passe dans le second degré, ça peut le faire. Mais comme on dit, les blagues les plus courtes sont souvent les meilleures.

 

  • L'univers :

Cette œuvre est une énorme parodie du Seigneur des anneaux, avec la tour de la Défense qui est l’équivalImage 3 sauron 313x500ent dans la tour du Sauron, la tour Eiffel est celle de Saruman, ou encore une bataille reprenant les événements du gouffre de Helm. Je n’ai rien contre les parodies, au contraire, mais quand ce n’est pas l’œuvre de Tolkien, c’est celle de Mary Shelley, Frankenstein, et j’en passe parce qu’il y en a plein d’autres.

On a donc tout un florilège parodique qui va finir par desservir l’univers, pourtant prometteur, que l’auteur avait commencé à instaurer.

L’action se situe dans un futur proche où l’on constate que les frontières de l’Europe moyenâgeuses sont toujours de rigueur. Les noms d’ailleurs sont presque inchangés, par exemple l’Empire Franque ou le Royaume de Bretagne.

 

Mais, dans cet avenir, la pénurie de pétrole engendre un chaos mondial qui donne une très riche discussion sur le devenir de la population, et surtout, Image 4 royaume francsjusqu’où les nations sont prêtes à aller pour ne pas manquer de carburant.

Là où le bât blesse, c’est que l’univers n’est pas clairement défini. Je vous ai parlé du Moyen-Âge, mais on ne sait pas jusqu’à quel point ses repères ont été conservés, et à quel niveau se situent les changements historiques. Éclaircir ce flou aurait alléger l’utilisation de la parodie, ce qui n’aurait pas gêné, loin de là.

Sinon, j’ai trouvé les nombreuses critiques sociales et politiques très réalistes, malgré le côté imaginaire de l’œuvre. On a des systèmes économiques, sociologiques ou politiques représentés comme de réels monstres, composés des salariés qui y travaillent.

C’est ici Image 5 les 11000 vergesque tout l’intérêt du livre réside de toute façon. Malheureusement, à aller dans cette surenchère surréaliste, on finit par fatiguer et à ne plus savoir où l’auteur veut nous emmener.

Je vous avouerais qu’à un moment j’ai trouvé la lecture pénible et similaire à l’œuvre de Guillaume Apollinaire, Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar, livre qui, soit dit en passant, se trouve être un ramassis vulgaire de tout ce qui trottait dans la tête de son auteur.

C’est dommage parce que j’ai vraiment été emballé par la vision de la société de Jean Saintot, qui est intéressante et surtout pertinente.

 

  • Les Personnages :

Je dirai simplement que les personnages incarnent chacun un pan bien  précis de la société (l’État, le Parlement, l’Académie française, les syndicats, les citoyens…), quand ils ne sont pas un clin d’œil au Seigneur des anneaux. Image 6 grima et saruman

Je n’en dis pas plus ici, parce qu’honnêtement, je ne trouve rien à dire de plus.

 

En Bref : 

En bref, Lawrence de Picardie est une œuvre qui, je le dis encore une fois, me laisse perplexe, et où je n’arrive pas à déterminer si je l’ai apprécié ou non.

Le style de Jean Saintot passe inaperçu derrière une intrigue aussi bien « cohérente » – j’insiste sur les guillemets – que loufoque.

L’univers possède de bonnes bases, mais qui n’ont pas été totalement exploitées. Du coup, on se demande dImage 7 betteraveans quel contexte les péripéties des personnages se situent, quand il n’est pas question de parodies.

Les critiques sociales et politiques sont bien le fer-de-lance de l’œuvre, mais il est dommage que l’enrobage ait été à ce point bâclé.

À ceux qui aiment les œuvres satiriques je recommande cet ouvrage, car ils seront largement gâtés sur ce point.

 

Points Faibles Points Forts
  • Parodie trop présente
  • Univers non approfondi
  • Intrigue factice
  • plume fluide
  • critiques sociales et politiques pertinentes

 

 

Notation : 

Style Écriture : 5/10

Intrigue : 3/10

Originalité : 6/10

Univers : 5/10

Personnages : 8/10

Moyenne Globale : 5.4/10

Sources Illustrations :

Image 1 : https://lablondedusport.com/2012/05/28/le-stade-qui-ressemble-a-un-pansement/

Image 2 : http://paranormalqc.com/2016/02/20/un-ovni-repere-dans-le-ciel-de-la-colombie-britannique/

Image 3 : http://www.bizjournals.com/twincities/morning_roundup/2014/03/target-store-tower-or-sauron-barad-dur.html

Image 4 : http://his.nicolas.free.fr/Panorama/PagePanorama.php?mnemo=Merovingiens

Image 5 : https://www.amazon.fr/onze-mille-verges-guillaume-Apollinaire/dp/1515281736/ref=pd_sim_sbs_14_1?ie=UTF8&dpID=41PxHiGGZzL&dpSrc=sims&preST=_AC_UL160_SR107%2C160_&refRID=XKS2TFR5R7HHEEG2NSA6

Image 6 : http://de.lotr.wikia.com/wiki/Saruman

Image 7 : http://blog.santelog.com/2014/02/16/leurope-approuve-une-allegation-de-sante-pour-les-fibres-de-betterave-journal-officiel-eu/

Extraits

Extraits 1 : Livre I, Chap.23, p.127

« Vous savez Carloman, reprit le chef de l’État, les politiciens ont besoin des cadres supérieurs tout autant que les cadres supérieurs ont besoin des politiciens. Les cadres ont divisé la société entre chefs exécutants, et notre règne leur est nécessaire pour empêcher la lutte des classes. De notre côté, nous avons besoin de leur savoir-faire pour conserver notre statut de nation riche et puissante. Nous avons toujours été conscients de cette dépendance mutuelle.

« Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les premiers Fromages de Tête ont fait construire leur résidence sur le même axe que le quartier de la Défense. Ils savaient qu’en Francie, les sphères du politique et de la finance sont étroitement liées, et que l’effondrement de l’une conduirait nécessairement à celui de la seconde.

« Les locataires de la Tour Eiffel ont donc toujours travaillé de concert avec les puissances de l’Argent. La bataille de Laon marquera l’apogée de cette alliance. Ensemble, nous dirigerons la Picardie. L’ancienne province brûlera dans les flammes de l’industrie. Les forêts tomberont. Un nouvel ordre naîtra. Nous conduirons la machine de guerre avec l’équerre, la calculatrice et la règle de fer des technocrates. Non, rien ne pourra s’oppose à l’union des deux tours. »


Extrait 2 : Livre II, Chap.11, p.205

AU MILIEU DU XXIe SIÈCLE, alors que la pénurie de pétrole bon marché faisait planer le spectre de nouvelles guerres européennes, les Fromages de Tête avaient transformé l’ancien réseau routier en mur de défense, destiné à protéger la capitale d’hypothétique incursions étrangères. Merlons, créneaux et tours percées de meurtrières avaient été érigés à la hâte le long des anciennes voies bitumées, et ce lacis de fortifications enserrait Paris comme dans un carcan de métal.

Le convoi de CRS s’était arrêté près de la porte de la Porte de Clignancourt, qui assurait la jonction de la capitale avec les banlieues-dortoirs du nord. Tandis que les sociologues rassemblaient leurs captifs sur le seuil d’un ancien abattoir qui leur servait de centre d’études, Lawrence, Biquette et Banane abandonnèrent leurs cachettes, se débarrassèrent de leurs chewing-gums et s’approchèrent de la Porte.

Forgée dans un métal noir luisant, elle était large de dix mètres, haute de vingt et épaisse de quatre. Des sentinelles faisaient les cent pas sur le chemin de ronde qui la chapeautait et une tapisserie tricolore avait été tendue sur son linteau. L’on pouvait y lire, en larges caractères rédigés dans la police « Book Antiqua » de Microsoft Word, la célèbre devise de la capitale franque :

SVGIT NEC SORBEBIT

« Suce, mais n’avale pas, traduisit biquette. Voilà un slogan qui en dit long sur les origines de la prospérité parisienne. »

Lawrence choisit d’ignorer cette remarque.

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Engelaere Éditions
  • Date de Publication : 06/03/2015
  • Format : 205 x 120 mm
  • Nombres de pages : 336
  • ISBN : 9782917621349
  • Prix : 13.90€
 
 

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