L'Intrépide

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2 5

 

  • Auteur : Johan Bourret
  • Pays :  France
  • Sortie : 22/01/2014
  • Adaptation : Non
  • Public : Adulte

4e de Couverture

Dans sa charmante propriété viticole de Marson, Marceline vient de donner vie à son premier enfant. Epouse choyée, belle-fille protégée, elle est heureuse. Mais des événements inattendus bousculent son existence. La guerre est déclarée à la Prusse. Son époux qu'elle aime se rend à Paris, attiré par la Commune qui gronde. Son beau-père qui dirige la propriété de main de maître n'a plus le goût de vivre et Marceline se retrouve désormais à la tête du domaine. Inexpérimentée et orgueilleuse, elle lutte seule pour préserver l'exploitation des viles attaques de la concurrence. Il lui faut s'imposer, décider, convaincre. Même si, à court d'argent, elle doit bientôt vendre tout le mobilier du château, rien ne l'abat. Mais un combat plus terrible encore l'attend car un danger pèse sur les siens. Pour sauver ceux qu'elle aime, la voici emportée dans un tourbillon où les hommes trahissent et s'entre-tuent. Cependant, l'intrépide jeune femme ira jusqu'au bout de ses forces, quitte à payer le prix fort.

La Critique de ChoupieS

Peu convaincue par cette œuvre où les personnages sont davantage au service de l’univers que l’inverse.

Résumé :

Que pourrait espérer de plus Marceline ? Elle vient d’avoir une adorable petite fille, son mari l’aime profondément, son beau-père est au petit soin, le domaine viticole vient de créer une cuvée formidable. Elle a tout pour être heureuse. Mais c’était sans compter sur la jalousie, la vengeance, et la Commune approchant. Elle devra mener de front sa vie et son destin, si elle ne veut pas perdre ce qui lui est le plus cher au monde. Bkk l intrepide img01 domaine viticole

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

Rien à redire quant à la plume de Johan Bourret qui est agréable à lire. Tout est très fluide ce qui donne un bon confort de lecture. De plus, le vocabulaire est parfaitement adapté aussi bien à l’époque retranscrite qu’aux personnages.

 

  • L'intrigue : 

On ne peut pas dire que j’ai beaucoup accroché. En même temps, la 4e de couverture ne vendait pas vraiment ce que l’on trouve réellement dans le livre. Voilà, une des raisons qui font que je n’aime pas lire ces résumés.

Ici, je pensais trouver une intrigue centrée sur le personnage principal, Marceline Tessier de Marson, et son combat pour sauver son domaine viticole. Alors oui, il y a un peu de cela, mais je n’ai pas bien vu le rapport avec l’héroïne que l’on était censé avoir. J’y reviendrai beaucoup plus en détail dans la partie réservée aux personnages, mais les couacs à ce niveau influent affreusement sur la trame entière.

Les événements s’enchaînent les uns après les autres sans réelle uniformité. On a davantage la sensation plus que la conviction que les péripéties sont montées pour dire que l’héroïne vit des chBkk l intrepide img02 pressoiroses de plus en plus dures, et qu’il lui faut du courage pour en venir à bout, mais rien de plus.

Les situations sont plus alambiquées les unes que les autres et finissent par s’essouffler, tant et si bien que l’on ne comprend plus vraiment le but véritable de l’ensemble.

On a du mal a être emporté par cette histoire qui, malgré son contexte historique réelle, manque de crédibilité.

 

  • L'univers :

L’auteur arrive à nous plonger dans cette fin du XIXe siècle traversé par l’échec de la guerre contre la Prusse, ainsi que par la Commune de Paris, l’un des conflits civils les plus sanglants du pays. On entre vraiment dans l’horreur de la situation et du désespoir vécus par de trop nombreuses personnes à l’époque.

Les faits sont parfaitement adaptés à l’intrigue, ou plutôt il serait plus juste de dire que, c’est l’intrigue qui a su s’adapter aux événements historiques. De telle sorte que c’est par une utilisation minutieuse de l’univBkk l intrepide img03 commune de parisers que l’on tente de cacher les grosses faiblesses de l’œuvre.

Le souci est que si l’univers n’avait pas été aussi riche historiquement parlant, l’intrigue n’aurait pas eu grand intérêt. S’il y a bien un élément qui tend à prouver cela, c’est l’utilisation moins rigoureuse de la partie viticole de l’histoire. Cela ne se constate pas sur le vocabulaire utilisé ou les procédures décrites, mais davantage sur la place que prend ce pan dans l’histoire. En effet, on a l’impression que l’auteur se sentant acculé dans sa trame, mais également dans cet univers, n’a eu d’autre échappatoire que de partir sur un terrain plus simple d’accès, à savoir le domaine historique de la Commune. Si ce n’est pas ce que l’auteur voulait retranscrire, c’est malheureusement ce qui se dégage.

  • Les Personnages :

Voici le point qui déstabilise toute l’œuvre, les personnages. On a voulu servir une intrigue mettant en avant un personnage avec une forte personnalité, Marceline. Pourquoi pas ! Mais faut-il encore le faire.

Les situations auxquelles l’héroïne est confrontée sont surfaites et cousues de fil blanc. Ce qui devient exaspérant, c’est de Bkk l intrepide ims04commune de paris barricade de la rue de castiglionevoir qu’elles ne sont pas menées à leur terme. J’entends par là que l’auteur veut nous montrer que son héroïne est courageuse, qu’elle est orgueilleuse, volontaire…, sauf que quand l’occasion lui est donnée, il ne nous montre rien du tout. Tout est tué dans l’œuf.

En revanche, c’est là où il aurait fallu plus de mesure qu’il nous dévoile la personnalité de Marceline qui passe davantage pour une capricieuse entêtée et ingénue qu’autre chose. Et, autant le dire, ça en devient lourd et pénible à la longue.

Sincèrement, je n’ai pas vu où était le courage du personnage.

Alors, on nous donne des situations dans lesquelles le fait de tenir tête et de prendre les armes doit être une preuve de courage. Oui, mais non, je ne suis pas d’accord, c’est beaucoup trop facile et surtout irréel. Ce sentiment va être exacerbé quand sont pris des événements particulièrement sanglants de l’Histoire qui s’inscrivent dans une réalité incontestée et incontestable.

J’ai trouvé ça trop facile et insuffisant pour dépeindre un quelconque héroïsme, qui n’existe pas pour le coup.

Quant aux personnages secondaires, ils ne sont pas utilisés à leur juste valeur, mais uniquement pour justifier et tenter de mettre en avant la personnalité de l’héroïne. Là encore, cela ne prend pas.

 

En Bref : 

En bref, L’intrépide est une déception. La plume de l’auteur peut être agréable en s’accordant avec l’époque et les personnages, mais elle ne réussit pas à relever le niveau d’une intrigue manquant de réalisme. Les événements sont peu crédibles ; sensation aggravée par le caractère réel des faits historiques utilisés.Bkk l intrepide img05 vigne

L’univers est en partie maîtrisé. En effet, le domaine historique concernant les événements de la Commune de Paris sont plutôt bien relatés, mais uniquement parce qu’ils aident l’auteur à se sortir d’une situation pour le moins délicate.

L’intrigue devant se focaliser sur le personnage de Marceline Tessier de Marson loupe le coche, en peinant à nous faire découvrir le visage de cette héroïne mise en scène d’une manière presque grotesque.

La sauce ne prend pas, tant et si bien que l’on ne voit pas le but véritable de l’œuvre, car l’on se demande quel est son véritable cadre entre l’univers et les personnages.

 

Points Faibles Points Forts
  • Intrigue peu crédible
  • Univers à moitié maîtrisé
  • Personnage au service de l’univers
  • Plume fluide et adaptée
  • Faits historiques

 

 

Notation : 

Style Écriture : 8/10

Intrigue : 4.5/10

Originalité : 4/10

Univers : 5/10

Personnages : 3/10

Moyenne Globale : 5.1/10

Sources Illustrations :

Image 1 : http://www.chateau-la-fleur-millet.com/

Image 2 : http://sancerre.cg18.fr/verdigny/generalites/index.html

Image 3 : https://www.histoire-image.org/etudes/ecrasement-commune?language=fr

Image 4 : http://www.deslettres.fr/9eme-lettre-demile-zola-sur-la-semaine-sanglante-de-la-commune-paris-se-reveille-de-son-cauchemar/

Image 5 : https://jardinage.ooreka.fr/plante/voir/495/vigne

 

Extraits

Extraits 1 : P.11

1

6 septembre 1870.

Village de Marson,

situé non loin de Saumur en Anjou

UN TORRENT SE DÉVERSA dans la bouche de Louis Tessier. Il fixa l’horizon, impassible. Sa langue claqua comme les pales d’un moulin ; ses joues firent danser le nectar et expédièrent la lampée frémissante au fond de la gorge. Le goûteur resta immobile, comme pour mieux apprécier l’étonnante sensation que lui procurait le breuvage, une impression fulgurante. Cette saveur n’avait rien de comparable avec celles qu’il connaissait. C’était une boisson nouvelle, pétillante, rouge rubis et aussi douce qu’un berlingot. Un sourire satisfait égaya alors sa figure ; Louis Tessier leva son verre et profita du rayon de soleil que les nuages d’un blanc immaculé laissaient filtrer. Le cristal miroita, révélant le contenu. Derrière ses binocles, le trentenaire fronça le sourcil, fouilla le liquide de son œil d’expert et se sentit définitivement conquis.

— Il est parfait !

Debout, au milieu des vignes, il demeura un instant silencieux. Deux hommes se tenaient à ses côtés. Le plus âgé l’observait, les bras croisés, tandis que l’autre, plus jeune, se lissait la moustache.


Extrait 2 : P.104

10

VERS TROIS HEURES DU MATIN, Marceline et Louis furent réveillés par la voix d’une jeune fille qui tambourinait à la porte :

— Madame Tessier, madame Tessier, monsieur votre beau-père se sent mal !

Il ne fallut que quelques minutes à la châtelaine pour enfiler une camisole et sortir de la chambre, l’esprit aussi clair que si l’ont eut été au beau milieu de l’après-midi. Elle n’attendit pas que son mari retrouvât ses esprits. Sur le pallier, Jeannette l’accompagna, révélant à Marceline tout ce qu’elle avait envie de savoir :

— Il toussait si fort que cela m’a réveillée. Je suis allée frapper, il ne m’a pas répondu. Alors, je suis entrée. Marceline, le regard droit, allongeait les pas tandis que l’adolescente, une lampe à la main, suivait comment elle le pouvait.

— Il y avait du sang partout, madame, du sang !

Elle frissonna et, gardant l’allure, traversa un corridor, puis monta l’escalier. Au bout du couloir, une porte en chêne ouvragée était entrouverte. Toutes deux entrèrent.

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Pygmalion
  • Date de Publication : 22/01/2014
  • Format : 239 x 152
  • Nombres de pages : 405
  • ISBN : 978-2-7564-1124-8
  • Prix : 19.90€

Numérique

  • Éditeur : Pygmalion
  • Date de Publication : 22/01/2014
  • Format : Epub / Mobi
  • Nombres de pages : 408
  • ISBN : 798-2-7564-1476-8
  • Prix : 14.99€

Grands Caractères

  • Éditeur : Libra Diffusio
  • Date de Publication : 13/01/2015
  • Format : 240 x 150
  • Nombres de pages : 472
  • ISBN : 978-2-84492-687-6
  • Prix : 23-95€

 

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