Je suis un monstre

Bkk couv je suis un monstre

1 5 Avertissement  : Érotisme / Violence

 

  • Auteure : Keren Nott
  • Pays :  France
  • Sortie : 31/10/2015
  • Adaptation : Non
  • Public : Adulte

4e de Couverture

Je suis un monstre. C’est le nom qu’on me donne, l’étiquette qu’on me colle. Le mot qu’on me jette
à la figure chaque fois qu’on me voit. Et on me voit beaucoup, on me voit partout. Télé, radio, journaux, on ne parle plus que de moi.

On ne pense qu’à moi. Un monstre... étymologiquement, celui qu’on montre. Mon visage hante vos consciences. Peut-être bientôt sera-t-il présent dans le dictionnaire, parfaite illustration du mot cruauté. Ou du mot souffrance. Car les monstres naissent dans la douleur et de la douleur, c’est bien connu. Les psychanalystes diront que c’est la faute de Maman ou encore des jeux vidéo.

Ils se trompent. Tout est de votre faute. Pourrez-vous l’assumer ?

La Critique de ChoupieS

Tout est dit dans le titre, enfin pas tout à fait. Surtout quand on se trouve des excuses.

Résumé :

Les monstres effraient les enfants en se cachant sous leur lit ou dans leur placard. Ils se tapissent dans le noir et attendent leur pauvre victime. Mais, quand ils sont réels, et faits de chair et de sang, qu’ils sont, à priori, comme vous et moi, comment les arrêter ? D’ailleurs, peut-on le faire ? Car, quand un de ces monstres disparaît, un autre n’est jamais très loin. Image 1 monstre 313x500

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

La plume de Keren Nott est très agréable. J’ai bien apprécié ce style assez franc du collier, allant droit au but. Elle a su allier des scènes particulièrement dures à une construction grammaticale légère. J’ai aussi beaucoup apprécié la pudeur utilisée, là où il lui aurait été facile de tomber dans la vulgarité.

 

  • L'intrigue : 

C’est loin d’être du jamais vu. Toutefois, j’ai trouvé intéressant d’utiliser le livre comme si le lecteur s’entretenait avec le personnage principal, Edselias Greaper…Je confirme, rien que par son nom on sait que sa mère ne l’aimait pas. Non, mais sérieusement, essayer de le dire vite pour voir ce que ça donne.

Oui, le fait qu’Ed s’adresse à nous est un gros plus qui permet d’accentuer le côté émotionnel du livre, qui est très fort.

Malheureusement, j’arrêterai l’éloge ici.

Est-ce que l’intrigue est cohérente ? Dans le déroulé des faits, j’étais prête à le dire si je n’avais pas trouvé une incohérence à la fin par rapport au début. Un coup le héros conduit plusieurs fois, et à la fin c’est la première fois qu’il prend le volant. BImage 2 ouilleon soit, une petite erreur qui n’a pas été vue lors de la correction, ça peut arriver. À la limite, mieux vaut ça qu’une incohérence sur toute la teneur de l’intrigue. Celle-ci d’incohérence fait mal, elle fait même très mal. Mais, j’y reviendrai plus tard.

Autre objection à émettre, sur le rythme utilisé. Certains passages sont d’une longueur décourageante. J’ai lu la première moitié du livre, soit environ 175 pages en quelques heures, pour le reste j’ai mis trois jours. Si je vous donne cette information, c’est pour que vous puissiez vous rendre compte à quel point j’ai traîné pour le terminer.

Ce qui est embêtant, c’est que pour comprendre pourquoi il traîne autant il faut en venir à l’univers et aux personnages, les deux étant intimement liés. Je vous propose donc d’arrêter là cette partie et de continuer directement dans la section suivante qui va regrouper ces deux composantes, et dans laquelle je vais vous expliquer ce qui m’a posé problème. À tout de suite.

 

  • L'univers & Les Personnages :

Comme dit juste avant, c’est dans cette section que je vais terminer de développer celle se rapportant à l’intrigue.

C’est la première fois que je regroupe les sections univers et personnages, tout simplement parce que l’univers se fonde essentiellement sur la psychologie des protagonistes.Image 3 poignard sang

Le titre du livre, Je suis un monstre ne porte aucunement à confusion, sur ce que l’on va trouver dans l’œuvre. Je ne m’attendais pas à une histoire à l’eau de rose, et pourtant, dans un sens, c’est un peu ce que l’on trouve sur certains côtés. Je mesure tout de même mes propos, on n’est pas non plus dans une romance Harlequin, faut pas pousser. Mais, j’ai trouvé le trait de romance surréaliste quand même, pourtant il m’en faut beaucoup.

Là, où le bât blesse le plus, c’est sur la psychologie des personnages qui entraîne l’incohérence sur le fond de l’intrigue dont j’avais parlé un peu plus tôt. Euh…que dire ? Ça m’a piqué les yeux. Sur un thriller psychologique, on peut s’attendre à mieux ?

On nous offre de suivre un gamin traumatisé par la vie, avec raison, car ce qu’il subit est loin d’être rose, qui va tomber dans l’amour de faire couler le sang d’autrui. Jusque là, je suis d’accord, pas de souci. Il va rencontrer d’autres jeunes comme lui, et tout cela va donner un déchaînement de violence gratuite. Encore une fois, je veux bien accepter ce postulat.

Mon indulgence se stoppe sur le principe : « Je suis un monstre je l’assume, mais c’est la faute de la société si je suis comme ça ». Ah ouais! Là, y’a pas de doute, t’es vraiment perturbé toi.

Excusez-moi, mais sincèrement c’est quoi ce bordel ?! Moi, à ce personnage j’ai envie de lui dire « Bon sang, maisImage 4 cacahuete 313x500 si t’assumes d’être un monstre, arrête de nous casser les cacahuètes, pendant la moitié du bouquin, que c’est parce que la société a été méchante avec toi. » . Bon sang de bonsoir, oui la société est corrompue, oui des choses sont inadmissibles, d’accord, d’accord, d’accord, mais non ce n’est pas une excuse. Si c’était le cas, il y aurait un nombre incalculable de tueurs dans les rues. Et d’ailleurs, où est-ce qu’un animal est responsable des problèmes des êtres humains ?

Donc non ! Pour moi, les personnages ne tiennent pas la route. Les faire passer pour des victimes de la société, là je dis non ! Ce ne sont pas des victimes, ce sont juste des personnalités qui tuent pour le plaisir et qui se cachent derrière une excuse bidon. Pour certains, dont le héros fait partie, il y a aussi une bonne part de jalousie qui joue. Le « Pourquoi il a tout et pas moi ? ! » si c’est pas de la jalousie, c’est quoi ? 

Tous ces personnages que l’ont voit tout au long du livre, qui ont vécu des choses atroces, deviennent pire que leur bourreau.

Quand je dis qu’elles deviennent pires, c’est sur le fait qu’elles sont d’une superbe hypocrisie. Je ne pouvais pas m’empêcher de les assimiler à ces extrémistes qui disent tuer au nom de leur religion.

Si le livre n’avait pas pris cet angle contradictoire de « Je suis un monstre, mais c’est pas ma faute » et qu’il n’avait pas tenté de jouer sur un sentiment de peur en disant, « treImage 5 jalousiembler parce que je suis le monstre qui peut vous manger » il aurait eu une excellente note.

 

En Bref : 

En bref, Je suis un monstre une belle déception. Malgré une plume fluide et maîtrisée ainsi que l’entretien lecteur/héros, seuls réels points positifs de l’ouvrage, l’intrigue et l’univers se vautrent lamentablement à cause d’une contradiction sur la psychologie des personnages.

On ne peut pas vouloir faire croire au lecteur qu’ils assument d’être des monstres, alors qu’ils en blâment la société. Je veux bien être d’accord sur le fait que ladite société peut entraîner des déviances chez certaines personnes, mais le postulat utilisé ici ne fonctionne pas pour le démontrer. L’angle d’attaque visé, ne s’appuyant que sur des clichés pas assez puissants pour accepter cette justification.

La tuerie est purement gratuite et les motivations réelles, à mon sens, ne réside que dans l’addiction de faire couler le sang et la jalousie, rien d’autre. Cette pseudo-justice pour des laisser pour compte est illusoire. J’apprécie énormément les ouvrages mettant en scène le côté sombre du miroir, mais ce livre n’en est qu’une vilaine parodie.

À ceux, qui souhaiteraient lire un livre avec un peu de gore et de romance, vous êtes au bon endroit. À ceux qui voudraient lire une œuvre mettant en scène de réels « monstres », passez votre chemin, car les vrais monstres n’ont aucunement besoin de justification.

 

Points Faibles Points Forts
  • Psychologie contradictoire
  • Incohérence de l’intrigue
  • Plume agréable
  • Entretien Lecteur/Héros

 

Notation : 

Style Écriture : 8/10

Intrigue : 3/10

Originalité : 4.5/10

Univers : 1/10

Personnages : 1/10

Moyenne Globale : 3.5/10

Sources Illustrations :

Image 1 : http://img0.gtsstatic.com/wallpapers/8c4811af55ecf30845ddf41a5689fe55_large.jpeg

Image 2 : http://olympique-lievin.footeo.com/actualite/2015/03/23/ouille-ouille-et-ouille.html

Image 3 : http://www.africapresse.com/violence-une-partie-de-poker-se-termine-dans-le-sang-a-yaounde-un-adolescent-de-15-ans-a-plante-un-couteau-dans-le-coup-de-son-camarade-a-cause-dune-somme-de-50-fcfa-au-quartier-etam-bafi/

Image 4 : http://www.doctissimo.fr/html/sante/principalespatho/sa_72_aller_cacahuete_05.htm

Image 5 : https://www.reussitepersonnelle.com/lutter-contre-la-jalousie/

Extraits

Extraits 1 : Chap.1, p.11

Je m’appelle Edselias Greaper. Je sais, c’est difficile de faire plus pourri comme nom. Peut-être que les psychanalystes ont raison après tout : ma mère ne m’aime pas.

Je suis né à Détroit, un quinze octobre. Les médecins, ce jour-là, ne donnaient pas cher de ma peau. Chétif, ratatiné, pâle…Une gueule de mort-vivant qui sied bien peu à un nourrisson. Je n’avais rien du poupon idéal : pas de grosses joues toutes roses, pas de petites frisettes blondes. J’étais trop maigre, trop petit, trop blanc, trop braillard. Quelques minutes de vie à peine et on me détestait déjà.

J’ai toujours imaginé ma dingue de mère me flanquant à la poubelle sous le regard ébahi des infirmiers. Vous pensez que cela aurait été la meilleure chose à faire, pas vrai ? Que cela aurait éviter bien des horreur ? Non…Bien sûr que non. Si j’étais mort ce jour-ci, qui vous aurait diverti au journal de vingt heures ? De qui parleriez-vous pendant la pause café ? Grâce à qui, à quoi, vous sentiriez-vous chanceux, heureux de votre petite existence sans relief ? Qui vous aurait appris la valeur de la vie ? C’est lorsqu’on se rend compte de son caractère instable et éphémère qu’on se met vraiment à l’aimer…


Extrait 2 : Chap.18, p.119

J’entendis mes os craquer. Je sentis la douleur jaillir en milliers d’étoiles brûlantes sous ma peau. Je m’effondrai sur le dos, lourdement. Le béton reçut mon corps avec un bruit sourd. Un gémissement m’échappa tandis que je crispais les doigts sur mon bras droit.

On vint me relever. Complètement sonné, je n’y avais même pas songé. Ma tête tournait, ma vue se brouillait, le sang me battait aux oreilles. Je n’entendais plus qu’une chose : le rire d’Aymerick. Celui-ci venait de me renverser avec violence, m’envoyant rebondir sur mon coude droit. Ce soir-là, notre combat avait été d’une rare bestialité. Le nez d’Aymerick n’avait pas résisté à mes assauts et avait explosé dans un gerbe de sang et de cartilage broyé. Quant à mon bras, il pendait contre mon flanc, inutilisable, lamentable. Je ne parvenais plus à le plier, ni à le tendre. Il restait coincé contre ma hanche, misérable.

Je relevai les yeux vers mon adversaire :

— Tu m’as pété le bras, enfoiré !

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Éditions Underground
  • Date de Publication : 31/10/2015
  • Format : 235 x 153 mm
  • Nombres de pages : 350
  • ISBN : 9791092387247
  • Prix : 19.90€

Numérique

  • Éditeur : Éditions Underground
  • Date de Publication :  31/10/2015
  • Format : Epub, PDF, Mobi
  • Nombres de pages : 350
  • ISBN : 9791092387261
  • Prix : 4.99€ / 6.99€
 

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