L'Éveil

Bkk couverture kafka tome 1 l eveil xavier amet

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Série : Kafka (T.1)

  • Auteur : Xavier Amet
  • Sortie : 04/11/2016

 

 

 

Tome suivant

Illustration (408x600)

 

4e de Couverture

"J'étais la tache de vin sur une belle nappe blanche pour mes parents, une erreur de la nature pour mes proches et un fou violent pour les gens évoluant dans ma vie."

Ouais ! Si je devais retenir une chose de ce qui m'a motivé à foutre le camp de chez mes parents et de cette école de commerce de merde, c'est bien ça ! Car au final ça résume bien le fait que je ne trouvais pas ma place dans ce monde, que ce dernier semblait tout faire pour me rejeter alors... J'allais me démerder par moi-même, devenir privé à mon compte (au black bien sûr) en plus de continuer à participer à des combats illégaux. Une façon d'externaliser cette soif de violence que je ne savais expliquer.

Bien que j'eusse pris cette décision pour trouver ma place ici-bas, savoir qui j'étais, ce que j'étais, jamais je n'aurais imaginé que mon grand saut m'amène là où je suis à présent...

Une œuvre prenante au rythme lent, mais soutenu, qui aurait pu être encore meilleure si la grammaire avait été mieux révisée. 

 

Résumé :

À la télévision et dans les romans, le métier de détective privé est beaucoup plus glamour et trépident que ce qu’il est en réalité. Quand un jeune homme, pensant enfin avoir trouvé sa place dans la société, doit revoir sa copie sur ce qu’il pensait connaître des mythes et légendes vampiriques, c’est touteBkk kafka tome 1 l eveil xavier amet image 1 vampire sa vie qui s’en trouve chamboulée. Mais, s’il veut savoir qui il est vraiment, et qu'elle est cette ombre qu’il voit au fond de lui-même, il n’aura pas le choix et devra s’armer pour combattre de véritables monstres. 

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

Comment vous dire?  

Il y a du bon et du moins bon ; le souci étant que le moins bon peut être une véritable gêne et éclipser les bons côtés.  

Dans le bon, j’y mettrai sans aucune réserve la plume directe de Xavier Amet. Je l’ai dit plus d’une fois, et je le redis ici encore, j’aime ce genre de style d’écriture où l’auteur appelle "un chat un chat". Il n'y va pas par quatre chemins, et c’est une excellente chose surtout dans un ouvrage appartenant à la fantasy urbaine. Dans ce genre littéraire, il faut coupler un univers dense, alliant des éléments imaginaires et des concepts modernes, à une intrigue nécessitant un rythme soutenu. En ce sens, on ne peut se permettre de perdre du temps en tournant autour du pot, et ici l’auteur maîtrise cela. 

La narration à la première personne est également bien utilisée. Je n’en suis pas fan, mais je dois reconnaître qu’elle passe très bien dans ce livre. Il n’y a rien à redire de ce côté-là. 

Autres bons points, l’adaptation du langage aux personnages et l’utilisation d’un registre lexical riche. Ces deux axes sont frappants d’entrée de jeu, et pourtant vont tous deux comporter une faille, et c’est là que l’on commence à entrer dans le moins bon. 

Le fait d’adapter le langage aux personnages permet de mieux les apprécier et de les découvrir. Je n’ai rien à dire sur ce point. Là où cela commence à devenir un problème, c’est quand la grande richesse lexicale empiète sur l’adaptation au point de ne plus savoir à quel type de personnage on a affaire. Un seul personnage est concerné, et il s’agit du narrateur qui est bien évidemment le personnage principal. Il va osciller entre un langage familier, argotique et un langage employant des termes appartenant à un style un peu plus soutenu. De manière générale, ce n’est pas un problème, mais dans ce livre je trouve que c’en est un, car on n’arrive pas à déterminer si cette oscillation est volontaire ou si elle n’est pas maîtrisée. Bkk kafka tome 1 l eveil xavier amet image 2 free fight

L’autre gros bémol vient tout simplement d’un manque de révision grammaticale et orthographique. C'est énervant, parce que c'est dommage d’avoir laissé filtrer autant d’erreurs grossières qui n’ont pas leur place. Je ne parle pas de construction propre à un parler familier ou argotique. Non. Je fais bien référence à des constructions classiques qui contiennent des fautes de langage que l’on ne devrait pas voir ; par exemple des concordances de temps inexistantes, des répétitions linguistiques et contextuelles, ou encore une ponctuation mal placée qui gêne la fluidité de lecture. 

Je ne comprends pas ce qu’il s’est produit sur la correction de ce livre, parce qu'on est bien en présence d'un souci de révision éditoriale ni plus ni moins. Est-ce qu’il y a eu un correcteur professionnel ou pas ? Aucune idée, je ne peux pas vous le dire. Tout ce que je peux dire, c'est que si un correcteur professionnel est passé sur le livre, ce n'est pas très bon, car le niveau n’est pas là du tout.

 

  • L'intrigue : 

Ce début de saga est bien mené, et c’est pour ça que les soucis linguistiques que j’ai pointés me sortent par les yeux, parce que l’intrigue est particulièrement intéressante. 

Rien que le prologue donne une bonne image de l’œuvre. Une fois qu’on le dépasse et qu’on entre dans le vif du sujet, on s’interroge en se disant : « Je ne vois pas le rapport entre ce prologue et ce que je suis en train de lire ». Mais l’histoire se déroule petit à petit ; on voit où l’auteur nous amène et on prend pleinement conscience de la situation. 

L’entrée en matière est un petit peu longue – il faut attendre la moitié du livre pour être mis dans le bain – et pourtant ça ne choque pas. Xavier Amet prend son temps pour poser son intrigue, et son univers également. En lisant, je me suis dit « n’oublie pas que c’est une saga prévue en 5 tomes ». Là on se dit "OK ! prenons notre temps, on n’est pas pressé après tout." Et puis, le narrateur nous embarque avec lui, dans sa vie, dans son quotidien, dans ses péripéties et on le suit de bonne grâce. Si l’enchainement des événements est lent, on ne s’ennuie pas pour autant. 

Je saluerai aussi la cohérence de l’intrigue, mais également des personnages. À aucun moment, l’on ne se dit « non, ça ne colle pas ». La ligne directrice est plantée, et l’auteur tient Bkk kafka tome 1 l eveil xavier amet image 3 notre dame de parisle cap jusqu’au bout, même si ce n’est pas toujours à l’avantage du héros. Mais après tout, "la vie n'est pas un long fleuve tranquille".

 

  • L'univers :

J’aime beaucoup lire des œuvres réinventant les mythes et légendes. Gros morceau ici pour Xavier Amet qui choisit de s’attaquer aux mythes des vampires et des berserkers. À première vue, on peut dire que le pari est assez réussi. Si je ne suis pas totalement affirmative sur ce point, c’est parce que je trouve qu’il manque un peu de mise en pratique de tout ce que l’auteur nous explique sur son univers et sur la réinvention de ces mythes. 

Côté vampire, on met à la poubelle tout ce que l’on connaissait par rapport au besoin de sang humain, à la lumière du soleil, aux crucifix, à l’ail, etc. pour trouver d’autres particularités aux vampires, et surtout des explications quant à ces croyances. 

Côté Berserker, c’est la même chose, à ceci près que l’on ne voit pas vraiment leur mise en action.

Donc sur la théorie, rien à dire, c’est sur la pratique où j’aimerais en voir un peu plus.  

Maintenant, je vais nuancer ce que je viens de dire. Le livre porte très bien son titre « L’Éveil». C’est exactement de cela qu’il est question du début jusqu’à la Bkk kafka tome 1 l eveil xavier amet image 4 parisfin. L’auteur prend le temps de poser ses bases, et il n’a pas tort. Je parle pour moi, bien évidemment, mais je préfère mille fois voir une histoire se construire  en se souciant de chacun des événements relatés et qui arrivera progressivement à maturation, plutôt qu’une histoire qui démarre sur les chapeaux de roues, et qui retombera comme un soufflé au fromage à la fin de la saga (c’est très frustrant, surtout quand il y a beaucoup de tomes).

Je ne m’inquiète pas quant à voir une mise en scène plus poussée de ces réinventions, car je suis persuadée que Kafka est une saga qui montera en puissance. 

Il y a une autre chose qui m’a frappé sur l’univers, et c’est l’ancrage avec le monde réel. Plutôt que de réinventer ces mythes en marge de la société, l'auteur a choisi de les placer pleinement dedans. Ainsi, il utilise des axes économiques, géopolitiques, médicaux, culturels, etc. pour cadrer son histoire et lui donner encore davantage de crédibilité. 

Ce réalisme trouve également un écho dans la mise en avant de faits de société actuels. Cela passe d’une part par la vision de la jeunesse moderne, qui peut être perdue quant à son avenir dans la société avec des relations parents-enfants parfois chaotiques ; et d’autre part par la vision de l’humanité face aux enjeux mondiaux majeurs et sur la triste faculté de répéter le passé. 

Et puis, l’œuvre se dote d’une certaine originalité avec une intrigue se déroulant en France, à Paris. En effet, les trois quarts du temps, les romans de fantasy urbaine moderne se passent aux États-Unis à New York, Los Angeles, San Francisco, la Nouvelle Orléans, etc. C’est peut-être un point anodin pour certains, mais je trouve ça intelligent de la part de l'auteur de ne pas être tombé dans cette facilité. De plus, des QR codes ou flash codes parsèment le livre, permettant Bkk kafka tome 1 l eveil xavier amet image 5 metro parisiend’avoir de belles illustrations enrichissant l’ensemble et faisant de cette œuvre un livre transmédia.

 

  • Les Personnages :

Les protagonistes, et le narrateur en première ligne, sont attachants. On se place rapidement à leurs côtés afin de les suivre dans cette saga. 

Ils ont des personnalités assez bien construites dans l’ensemble et j’ai aimé voir qu’ils restaient fidèles à ce qu’ils étaient, même si parfois cela surprend. Mais s'ils ont une constance, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'évolution. Le narrateur n'est bien évidemment plus le même à la fin de ce premier acte qu'au commencement de celui-ci. 

L'avantage est que l'on sent qu'il y a encore pas mal de matière exploitable de ce côté-là. 

On observe des clichés comportementaux sur certaines scènes, et l’on aurait pu s’en passer sans problème. Heureusement, ils ne sont pas légion non plus. 

Je n’en dirais pas plus sur ce point, je vous l’ai dit maintes fois, sur les sagas, je préfère voir à long terme, comment les personnages sont traités, et comment ils vont évoluer.

 

En Bref : 

En bref, ce premier tome de Kafka annonce une saga prometteuse. La plume de Xavier Amet est incisive et souhaite mettre en avant ses personnages en leur offrant une réelle personnalité via leur langage. Il est dommage que Bkk kafka tome 1 l eveil xavier amet image 6 la bete du gevaudance style n’ait pas bénéficié d’une révision technique (grammaire, conjugaison, contextuelle) plus aboutie, qui aurait permis de ne prendre que le meilleur côté. 

L’intrigue peine à  se mettre en place, mais les événements relatés ne sont en rien ennuyeux. Au contraire, ils nous permettent d’entrer en douceur dans un univers brutal, réinventant de manière intelligente et réaliste les mythes du vampire et du berserker. Ces mythes semblent garder une bonne dose de surprise en réserve, car on sent que seuls les plus grands contours ont été révélés.

La cohérence est de mise grâce à des lignes de conduite plantées et tenues de bout en bout. Les personnages sont attachants et l’on a envie d’en découvrir encore plus sur eux, même s’ils sont quelquefois victimes de comportements clichés. 

  • Ce que j'attends du prochain tome :

J’attends du prochain tome de voir une mise en action plus poussée des mythes réinventés, mais surtout une révision plus affinée de la grammaire notamment.

 

Points Faibles Points Forts
  • Manque de révision linguistique 
  • Répétitions contextuelles
  • Quelques clichés comportementaux
  • Plume adaptée aux personnages 
  • Mise en place de la saga 
  • Réalisme et cohérence 
  • Originalité sur l’univers 
  • Personnages attachants

 

 

Notation : 

Style Écriture : 5/10

Intrigue : 7.5/10

Originalité : 8/10

Univers : 7.5/10

Personnages : 7.5/10

Moyenne Globale : 7.1/10

N.B : Pour le Style, je ne peux pas mettre en dessous de la moyenne, car la plume a du potentiel. En revanche, je ne mets pas plus, car les erreurs grammaticales, entre autres, sont trop nombreuses et perturbent la fluidité de lecture.

Sources Illustrations :

Image 1 – vampire : https://pixabay.com/fr/vampire-horreur-sang-dracula-sale-625851/

Image 2 – Free fight : http://img.hebus.com/image-telecharger.php?width=&height=&id=416273&lang=fr

Image 3 – Notre Dame de Paris : https://pixabay.com/fr/paris-l-%C3%A9t%C3%A9-notre-dame-rivi%C3%A8re-1605506/

Image 4 – Paris : https://pixabay.com/fr/paris-france-tour-eiffel-nuit-1836415/

Image 5 – Metropolitan : https://pixabay.com/fr/m%C3%A9tro-ville-souterraines-1566775/

Image 6 – La Bête du Gévaudan : https://www.dpstream.net/film-7798-le-mystere-de-la-bete-du-gevaudan.html

 

Extraits

Extrait n°1 :

Prologue

Déchirant l’obscurité d’une sombre forêt de noyers noirs, la foudre éclairait de temps à autre la route devenue boueuse. La pluie n’avait pas cessé de tomber sur ces terres depuis des heures, des jours peut-être, nul ne savait. Le froid de l’automne s’associait à l’eau pour torturer toute vie qui osait s’aventurer ici et, alors que les animaux avaient trouvé un refuge où se terrer en attendant que cet enfer ne passe, quelques cavaliers escortaient un groupe d’individus. À peine un gémissement se faisait entendre qu’un des cavaliers hurlait au silence en brandissant de façon menaçante sa torche, dont la flamme avait été étouffée par le déluge.

Les bougres qui marchaient, parfois pieds nus, étaient enchaînés les uns aux autres par les poignets et défilaient entre les arbres en file indienne. Le frottement répété du métal contre leur peau fragilisée par l’eau avait commencé à arracher le derme depuis longtemps, apportant ainsi une souffrance supplémentaire à ces martyres.

— Traian… Traian… appela à voix basse une femme.

Elle avait porté sa main au visage, pouce sur la joue et index sur le nez, pour l’aider à camoufler son appel. Avec son autre main, elle serrait fort un paquet bien emmitouflé contre elle.

— Traian ! répéta-t-elle en élevant légèrement la voix.

Cela lui demanda un effort qui la vida quelques secondes.

L’homme devant elle, un sacré gaillard, une force de la nature, tourna brusquement son visage vers elle.


Extrait n°2 :

À peine avais-je fait quelque pas que les premiers signes d’une dispute se firent remarquer. Quelques livres des étagères du couloir avaient été bousculés. Ça aurait pu ne rien être, mais ça ne collait pas avec le reste qui était rangé au millimètre près.

La double porte vitrée menant au salon était grande ouverte. M’en approchant, je constatai que certains carreaux étaient cassés et alors que j’entrais à peine dans la pièce, de petits morceaux de verre croustillèrent sous mes pas.

Autour de moi, gisaient différents objets brisés et à y regarder de plus près, certains fragments avaient même atteint le couloir.

Au fond de la pièce, je découvris la fenêtre que j’avais observée depuis les toits et juste devant elle, au sol, une petite flaque d’eau reflétant la lumière du soleil. Certainement l’eau de pluie qui était à deux reprises aujourd’hui. Entre nous, au milieu de la pièce pointé dans ma direction, traînait un pistolet automatique équipé d’un silencieux. Il fallait que je l’inspecte.

Faisant demi-tour, je me dirigeai vers la cuisine afin d’y trouver des gants. Le jeune détective habitué aux affaires d’adultère n’avait pas pensé à tout. Me servant de la manche de mon pull en coton noir entrelacé de rayures grises horizontales, j’ouvris le placard sous l’évier.

Merde ! Pas de gants en latex rose !

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Exa Concept
  • Date de Publication : 04/11/2016
  • Format : 150 x 230 mm
  • Nombres de pages : 504
  • ISBN : 978-2-9556823-0-2
  • Prix : 23.00€ (Frais de port compris)
 
 

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