Fahrenheit 451

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  • Auteur : Ray Bradbury
  • Pays : USA
  • Titre VO : Fahrenheit 451
  • Éditeur VO : Ballantine Books
  • Sortie VO : 1953
  • Éditeur VF : Denoël (& Gallimard via Folio SF)
  • Sortie VF : 1955
  • Traduction :Jacques Chambon & Henri Robillet
  • Adaptation : Oui (Film et bande dessinée)
  • Public : Tout Public
  • Formats Disponibles : Papier / Numérique

4e de Couverture

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif.

Le pompier Montag se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

La Critique de ChoupieS

Un livre parfaitement d’actualité, qui tire de nombreuses sonnettes d’alarme.

 

Résumé :

Les livres sont une hérésie. En lire est un crime d’État. Pourquoi lire un livre quand des écrans donnent toutes les informations dont les gens ont besoin pour vivre ? Le bonheur ne se trouve que dans l’insouciance. L’ignorance est pure joie. La désinformation est l’exaltation. Remercions ces braves pompiers qui allument les brasiers consumant ces objets impies à 451 degrés Fahrenheit. Ils sont les gardiens d’un bonheur préfabriqué et sur mesure. Que tous ceux qui oseront braver l’interdit prennent garde à ne pas Image 1 bkk television 313x500se consumer dans les flammes de la clairvoyance.

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

On est réellement dans de la « vieille » science-fiction, et j’avoue que j’ai toujours eu beaucoup de mal à m’y faire. Mon problème se situe, non pas sur les histoires racontées, mais sur le style utilisé. Ça passe ou ça casse. C’est soit on aime, soit on n’aime pas.

Personnellement, je n’aime pas ce type de style lourd, qui utilise le lyrisme à l’extrême, au point que la compréhension devient de plus en plus ardue.

Après, ce n’est pas parce que je n’aime pas que le style est mauvais pour autant. Il faut faire attention à ne pas faire d’amalgame. Là, je suis sur un pur défaut subjectif ; et, quand viendra le moment de noter ce point, je ne tiendrais pas compte de ce sentiment personnel. En toute objectivité, je ne peux pas dire que ce livre soit mal écrit. Pas du tout. C’est juste que la façon dont les phrases sont construites et se succèdent ne me parle pas plus que ça.

Et puis, si le style en lui-même était réellement mauvais, le message de l’auteur ne pourrait pas passer, ce qui est loin d’être le cas de cette œuvre.

 

  • L'intrigue : 

L’intrigue en elle-même n’est pas exceptionnelle en soi, elle peine à démarrer. On met un certain temps à voir où l’auteur veut réellement en venir. On n’est bien évidemment pas aidé par le style, comme je l’ai dit plus haut, qui accentue cette impression d’avancer d’un pas et de reculer de deux autres. Image 2 bkk incendie

Sur la construction même de l’histoire, j’irais même jusqu’à dire qu’elle est brouillonne et que les différents événements se succèdent sans réelle fluidité. D’autant plus que lorsque l’on se prend enfin dans l’histoire, tout arrive très vite.

La fin n’est pas fameuse non plus, et laisse un sentiment d’inachevé. Ray Bradbury a choisi une fin ouverte, ce que j’apprécie d’ordinaire, mais elle n’est pas amenée de la manière la plus adéquate qui soit. Comme je l’ai dit elle arrive trop vite, et pas mal de choses nous échappent qui fait que l’on ne l’apprécie pas à sa juste valeur.

 

  • L'univers :

Là ! On y est ! C’est LE point qui fait que ce livre est exceptionnel et inoubliable. Tout ne tient que sur l’univers de Fahrenheit 451.

Ici, on a du grand art. Tous les ingrédients sont combinés pour que l’œuvre ne passe pas inaperçue. Et elle ne l’a pas été, car pendant plusieurs années ce livre a été censuré.

Pourquoi une telle censure ?

Parce que cette œuvre est une ode à la rébellion de l’intelligence, de l’ouverture d’esprit, de la liberté de penser et de raisonner surtout, contre l’ignorance et la désinformation dont la masse s’abreuve.

Honnêtement, en lisant ce livre, je me suis dit : « OH PURÉE !!! Il est complètement d’actualité ».

Pour bien faire passer son message, Bradbury va aller dans le totalement absurde; d’où le résumé, que j’ai choisi de faire dans ce sens.

Le premier élément qui concoure à poser les fondements de cette absurdité est le fait que les pompiers n’ont plImage 3 bkk le cri pikachuus pour fonction d’éteindre les feux, mais de les provoquer. Quand les pompiers sont appelés, mieux vaut ne pas avoir un livre dans la main (ni même pour servir à caler une table), sous peine de finir grillé comme une dinde de Noël (on est le 1er décembre plus que 24 jours). En effet, leur mission est de brûler les maisons (et leurs habitants s’ils le désirent) dans lesquelles se trouvent des livres. Je l’ai dit tout à l’heure, c’est un crime de lire. (La vache ! S’ils venaient à la maison je serais grillée illico presto... AAAAHHHHH !!!!)

Le deuxième élément d’une stupidité sans nom est le fait que la « télévision » - même si elle ne s’appelle pas comme ça dans le livre – est le must intégral en termes d’information. Les programmes sont ultra-courts (environ 2 à 4 minutes) et inondent les gens d’informations fabriquées et manipulées afin qu’ils soient rassasiés et ne cherchent pas à en savoir davantage. Les fameux programmes s’adressent directement aux personnes qui les regardent. Cela m’amène au troisième point d’absurdité.

Les spectateurs sont complètement déconnectés de la réalité. Les écrans sont la parole suprême et remplacent même la famille, pas besoin d’aller chercher plus loin. On est en guerre ? Mais c’est pas grave, elle ne va durer que deux jours et après ça sera fini. Une élection ? Super ! Voici le candidat le plus beau physiquement, il faut voter pour lui. Un spot pour dentifrice ? Magnifique ! C’est le nouveau tube de l’été. J’vous jure que j’exagère pas ce que je vous raconte. Image 4 bkk dentifrices

Afin de pouvoir soumettre les gens, le pouvoir étatique les maintient volontairement dans l’ignorance, mais surtout dans un système d’irresponsabilité, où rouler à plus de 150 km/h n’est pas un délit, mais un truc super chouette, et puis si on tue quelqu’un, c’est pas grave il n’avait qu’à pas se trouver là. (En vrai, c’est pas bien, faut pas faire).

Forcément, pour qu’un tel système fonctionne il a fallu bannir tout ce qui pouvait le fragiliser, et surtout le détruire. Il a fallu éradiquer les souvenirs d’un temps passé qui aurait permis de se rendre compte que le monde façonné comme tel n’est pas normal. Ainsi, les livres doivent être éradiqués et, peu importe leur genre, qu’ils soient fictionnels, politiques, scientifiques, philosophiques, poétiques, etc. Ils n’ont pas le droit de mettre le système à mal.

Dans cette œuvre, très controversée, Bradbury tire des sonnettes d’alarme. Il fait comprendre au lecteur des choses très simples. Attention à ne pas troquer sa liberté de jugement contre le confort de ne pas avoir à réfléchir. Attention à ce qui nous est dévoilé chaque jour dans nos télévisions. AttentImage 5 bkk cerveau 313x500ion à ne pas céder à la tentation de l’oisiveté mentale, sous peine de perdre pied et de ne plus avoir aucun ancrage dans la réalité. Mais, même si ces messages sont logiques sont-ils si faciles à ne pas perdre de vue ?

 

  • Les Personnages :

Tous les acteurs que l’on peut rencontrer, du personnage principal, Montag, aux secondaires, jouent tous un rôle bien précis dans cette société illusoirement idéale.

Montag est l’élément perturbateur qui va se rebeller contre ce système. Il va tâtonner pour essayer de trouver des réponses, car il nage en eau trouble. Il ne sait pas vraiment par quel bout prendre la chose. C’est comme s’il avait été réveillé brutalement d’un mauvais rêve, et ainsi perdu tous ses repères.  Il va beaucoup douter de sa vie actuelle en premier, puis de ce qu’il va découvrir peu à peu. On est vraiment aux premières loges de ce déchirement intérieur, et de cette prise de conscience, qui est brutale aussi bien pour le personnage que pour le lecteur. En une semaine, la vie de ce pompier bascule complètement, et Bradbury va réussir à nous faire partager cela.

 

En Bref : 

En bref, Fahrenheit 451 ne brille pas par la plume appartenant pleinement à la SF, il ne brille pas non plus par son intrigue ni réellement par ses personnages, si ce n’est par la façon dont l’auteur nous transporte dans les émotions du héros.

Non ! Ce livre tire toute sa force dans ce qu’il combat : l’ignorance. Image 6 bkk livre brule 313x500

La solution de facilité est peut-être confortable sur le coup, mais est-elle pour autant une bonne chose ?Ce n’est pas sûr. Il est aisé de se laisser happer par tant de facilité, mais à force d’accepter que notre liberté de réfléchir soit amputée un peu plus chaque jour, ne sommes-nous pas en train de devenir des pantins qui ne pourront pas s’échapper de leurs fils tant ils nous retiennent solidement ?

Voilà la réflexion que peut engendrer la lecture de cet ouvrage, et je suis certaine qu’il peut en engendrer d’autres ; mais, je laisse à ceux qui le souhaitent le soin de le découvrir. Faites juste attention à ne pas approcher un livre trop près d’un brasier, parce que s’il atteint les 451 degrés Fahrenheit vous pourriez bien devenir pompier malgré vous.

 

Points Faibles Points Forts
  • Style lourd et trop lyrique
  • Intrigue peu fluide
  • Univers parfaitement maitrisé
  • Messages forts
  • Transmission des émotions du héros

 

Notation : 

Style Écriture : 7/10

Intrigue : 6.5/10

Originalité : 7.5/10

Univers : 10/10

Personnages : 7.5/10

Moyenne Globale : 7.7/10

Sources Illustrations :

Image 1 : http://blog-schizophrene.fr/2014/12/la-television-nous-ment/

Image 2 : https://94.citoyens.com/2016/incendie-dans-le-magasin-de-moto-du-quai-dartois-au-perreux-sur-marne,01-07-2016.html

Image 3 : http://www.topito.com/top-parodies-cri-munch

Image 4 : http://tpe-chaptal-stru.e-monsite.com/pages/page-1.html

Image 5 : http://www.clubic.com/mag/culture/article-783038-1-promesses-deep-learning.html

Image 6 : http://iwallpapers.free.fr/picture.php?/14546/tags/421-1920x1080

 

Extraits

Extrait 1 :

Première Partie : Le foyer et la salamandre, p.23

Le plaisir d’incendier !

Quel plaisir extraordinaire c’était de voir les choses se faire dévorer, de les voir noircir et se transformer.

Les poings serrés sur l’embout de cuivre, armé de ce python géant qui crachait son venin de pétrole sur le monde, il sentait le sang battre à ses tempes, et ses mains devenaient celles d’un prodigieux chef d’orchestre dirigeant toutes les symphonies en feu majeur pour abattre les guenilles et les ruines carbonisées de l’Histoire.

Son casque symbolique numéroté 451 sur sa tête massive, une flamme orange dans les yeux à la pensée de ce qui allait se produire, il actionna l’igniteur d’une chiquenaude et la maison décolla dans un feu vorace qui embrasa le ciel du soir de rouge, de jaune et de noir.

Comme à la parade, il avança dans une nuée de lucioles. Il aurait surtout voulu, conformément à la vieille plaisanterie, plonger dans le brasier une boule de guimauve piquée au bout d’un bâton, tandis que les livres, comme autant de pigeons battant des ailes, mourraient sur le seuil et la pelouse de la maison. Tandis que les livres s’envolaient en tourbillons d’étincelles avant d’être emportés par un vent noir de suie.


Extrait 2 :

Deuxième Partie : Le tamis et le sable, p.127

« Un : Savez-vous pourquoi des livres comme celui-ci ont une telle importance ? Parce qu’ils ont de la qualité. Et que signifie le mot qualité ? Pour moi, ça veut dire texture. Ce livre a des pores. Il a des traits. Vous pouvez le regarder au microscope. Sous le verre, vous trouverez la vie en son infini foisonnement. Plus il y a des pores, plus il a de détails directement empruntés à la vie par centimètre carré de papier, plus vous êtes dans la « littérature ». C’est du moins ma définition. Donner des détails. Des détails pris sur le vif. Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l’effleurer. Les mauvais la violent et l’abandonnent aux mouches.

« Est-ce que vous voyez maintenant d’où viennent la haine et la peur des livres ? Ils montrent les pores sur le visage de la vie. Les gens installés dans leur tranquillité ne veulent que des faces de lune bien lisses, sans pores, sans poils, sans expression.

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Denoël (Dans un recueil regroupant des oeuvres de Ray Bradbury)
  • Date de Publication : 08/11/2007
  • Format : 140 x 205 mm
  • Nombres de pages : 752
  • ISBN : 978-2-2072-5988-7
  • Prix : 29.40€

Poche

  • Éditeur : Gallimard (Folio SF)
  • Date de Publication : 11/10/2000
  • Format : 109 x 178 mm
  • Nombres de pages : 224
  • ISBN : 978-2-07-041572-1
  • Prix : 5.90€

 

Numérique

  • Éditeur : Gallimard (Folio SF)
  • Date de Publication : 13/06/2016
  • Format : Epub, Mobi, PDF
  • Nombres de pages : 224
  • ISBN : 978-2-07-245514-8
  • Prix : 5.49€

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