La Cuisinière

Bkk couverture la cuisiniere mary beth kean

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  • Auteure : Mary Beth Keane
  • Pays : USA
  • Titre VO : Fever
  • Éditeur VO : Scriner
  • Sortie VO : 12/03/2013
  • Éditeur VF : Les Presses de la Cité
  • Sortie VF : 06/02/2014
  • Traduction : Françoise Pertat
  • Adaptation : Non
  • Public : Tout Public
  • Formats Disponibles : Papier / Numérique

4e de Couverture

Aussi haletant qu'un thriller, ce roman retrace le bouleversant destin de Mary Mallon, surnommée en son temps "la femme la plus dangereuse d'Amérique". Véritable cas pour la science, elle a permis d'élaborer la théorie du porteur sain. Immigrée irlandaise arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle, Mary Mallon travaille comme lingère avant de se découvrir un talent pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde.
Mary, quant à elle, ne présente aucun symptôme de la maladie - au contraire, sa robustesse est presque indécente. Un médecin finit par s'intéresser à elle, mais la cuisinière refuse de se soumettre à des examens. Les autorités sanitaires, qui l'estiment dangereuse, l'envoient en quarantaine sur une île au large de Manhattan. Commence alors pour cette femme indépendante et insoumise qu'on appelle désormais "Mary Typhoïde" un combat à armes inégales pour sa liberté.

La Critique de ChoupieS

Un combat pour la liberté; exprimé avec justesse mais souffrant de nombreuses lourdeurs scénaristiques.

 

Résumé :

Comment se douter un seul instant, que les mets les plus fins et délicats peuvent devenir aussi dangereux qu’une épidémie de typhoïde ? Et pourtant, c’est bien ce qui touche la majorité des personnes, pour lesquels Mary Mallon a offert ses services de cuisinière. De son arrestation sans préambuleBkk la cuisiniere mary beth keane image 1 journal typhoid mary à sa mise en quarantaine sur l'île de North Brother Island, Mary, surnommée Mary Typhoïde, n’aura de cesse de crier son innocence. Mais quand le mal est encore plus petit qu’un grain de sable est-il encore possible de lutter contre lui ?

 

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

J’ai eu un peu de mal à me faire au style de Mary Beth Keane. En effet, il est assez haché, surtout sur le début de l’ouvrage. Au fur et à mesure, on finit par s’y faire, même si l’on ne peut passer outre la lourdeur de certaines tournures de phrases. En termes de fluidité, on peut donc trouver mieux ; après, il s’agit aussi d’une question de goût.

 

  • L'intrigue : 

On suit le combat infernal que mènera Mary Mallon pour prouver son innocence. Partout où passe cette cuisinière de grand talent, les personnes attrapent la typhoïde, certains même en meurent.

Le fil de l’intrigue se veut linéaire, de prime abord, mais ce n’est qu’une illusion de laquelle on se réveille un peu étourdi. Là encore, l’histoire est hachée, entrainant de nombreux creux et ralentissements. Plus concrètement, à mesure que l’on avance dans l’histoire, nous avons de nombreux retours en arrière sur des faits déjà énoncés plus tôt dans le récit, ceci afin d’en donner davantage de détails.

Cet effet peut trouver une explication dans le fait que l’histoire est racontée du point de vue de Mary, et de son compagnon, Alfred. De Bkk la cuisiniere mary beth keane image 2 file d attente immigrantsce fait, on navigue au gré des souvenirs des personnages qui sont, comme tout à chacun, amenés à revoir les mêmes faits avec plus ou moins de détails, pour tenter d’y trouver un sens.

En termes de réalisme, c’est un bon point, mais sur la fluidité ce n’est pas bon du tout. À cause de ces retours en arrière, l’action perd en rythme et l’on se demande quand le fil de l’histoire reprendra ; car, il faut tout de même reconnaître qu’une fois que l’on est pris dans les événements vécus par Mary Mallon, on a du mal à s’en détacher, jusqu’au point final.

 

  • L'univers :

C’est le meilleur point de tout le livre, et pour cause, puisque nous sommes en présence d’une fiction intégralement basée sur des faits réels. Cette histoire n’a pour but que de nous faire découvrir de manière romancée ce que les New-yorkais ont vécu à cette époque où la notion de porteur sain était totalement méconnue. Mary Mallon qui, si elle n’était pas l’unique porteuse saine au monde, fut la première à être identifiée comme tel et mise en quarantaine sur l'île de North Brother Island, pendant plusieurs décennies.Bkk la cuisiniere mary beth keane image 3 north brother island

La justesse avec laquelle les faits les plus techniques sont relatés est agréable – Je pense notamment aux procédures médicales subies par Mary. En revanche, on notera un survol un peu rapide, du côté juridique de l’affaire, qui n’aurait pas souffert d’un peu plus de détails. Les faits divers marquants de l’époque, comme le trgique incendie d’une usine de textile ayant fait un grand nombre de victimes, sont parfaitement relatés là encore, ce qui offre une totale immersion dans la période de la fin du XIXe siècle.

On est également mis devant la situation et l’injustice que les femmes subissaient à cette époque, car l’on constate que Mary n’est pas traitée avec la même égalité que ses comparses masculins.

  • Les Personnages :

C’est le personnage de Mary Mallon qui retient toute l’attention. Nous pouvons nous faire une idée précise de ce que Mary Beth Keane veut nous transmettre. Le passage des émotions se fait sans aucun accroc, et est marquant d’authenticité.

L’héroïne apparait comme une femme au fort caractère – au sale caractère, pourrait-on dire – qui ne lâche rien, et cela même quand les preuves Bkk la cuisiniere mary beth keane image 4 bateau immigrantslui prouvent, par A plus B, le contraire. Toutefois, sous ses dehors revêches, passant presque pour de l’insensibilité, on constate qu’il n’en est rien, et qu’il s’agit davantage d’une carapace qu’autre chose. La véritable question serait de savoir si la vraie Mary Mallon était de cet acabit ou si la fiction a dépassé la réalité.

Les autres personnages, à part celui d’Alfred, sont vus par la seule vision de Mary. De ce fait, je pense que nous avons une perception déformée de leur réelle personnalité. En effet, Mary est montrée du doigt, comme une pestiférée par une grande partie du corps médical. En conséquence, elle ne peut – à juste titre – avoir une bonne image de ce personnel, même si elle n’en fait pas une généralité.

 

En Bref : 

En bref, La Cuisinière ne me laissera pas un souvenir impérissable du style de Mary Beth Keane. Les nombreuses pertes de rythme du fil de l’histoire approfondissent la lourdeur de certaines tournures, tout en accentuant le côté haché du récit. La fluidité n’est alors plus de mise et sans l’attachement à savoir le fin mot de l’histoire, le lecteur pourrait sentir un réel ennui.Bkk la cuisiniere mary beth keane image 5 mary mallon

L’univers plonge de manière réaliste et juste dans les événements qui ont conduit à la mise en quarantaine de la femme surnommée, Mary Typhoïde. On se croirait presque revenu à la fin du XIXe siècle, où la médecine moderne était à ses prémices. On nous donne également un aperçu de la condition de la femme, qui était loin d’être mise sur le même pied d’égalité que les hommes.

Le personnage de Mary est complexe et engendre de nombreuses interrogations sur les croyances de la jeune femme sur sa situation, tout en nous mettant volontairement de son côté en nous montrant l’affaire sous son unique vision.

 

Points Faibles Points Forts
  • Style haché
  • Lourdeur de l’intrigue
  • Nombreuses lenteurs
  • Histoire captivante
  • Réalisme de l’univers
  • Complexité du personnage de Mary

 

 

Notation : 

Style Écriture : 5/10

Intrigue : 7/10

Originalité : 7/10

Univers : 8/10

Personnages : 7/10

Moyenne Globale : 6.8/10

Sources Illustrations :

Image 1 – Coupure de presse « Typhoid Mary » : https://www.google.fr/url?sa=i&rct=j&q=&esrc=s&source=imgres&cd=&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwibhqjY7cDXAhVKbFAKHfBABhwQjRwIBw&url=https%3A%2F%2Fwww.chroniquesdurenard.fr%2F2016%2F12%2F13%2Fcuisiniere-x-mary-beth-keane-2%2F&psig=AOvVaw3CYkjEZeKbAm4VeGg-VfoB&ust=1510844820176944

Image 2 – File d’attente immigration : https://www.google.fr/url?sa=i&rct=j&q=&esrc=s&source=imgres&cd=&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwiC2obp7cDXAhVPIlAKHenFBfYQjRwIBw&url=http%3A%2F%2Fwww.gjenvick.com%2FImmigration%2FEllisIsland%2F1904-PhotographsOfEllisIslandImmigrants.html&psig=AOvVaw3ZosLfhrejxGibjS3dSGzG&ust=1510844855627402

Image 3 – North Brother Island : https://www.afterfeed.com/storyImage/iw9xl4xtz7cc3fgp2tct.jpeg

Image 4 – Bateau d’immigrants : http://www.vazyvite.com/photo_us/newyork/tenement/immig2.JPG

Image 5 – Mary Mallon : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/eb/Mary_Mallon_%28Typhoid_Mary%29.jpg

 

Extraits

Extrait 1 :

La journée commença par du lait caillé. Le pire était à venir. Tu es allée trop vite, se houspilla Mary, lorsque l’on renvoya le lait à la cuisine dans son pot de porcelaine, accompagné d’une note de M. Kirkenbauer exigeant que cette négligence ne se reproduise plus. Il était fatigué, elle en avait conscience, d’avoir entendu l’enfant pleurer toute la nuit, et de l’avoir entendu gémir, et de l’avoir entendu réclamer qu’on le berce. Et il était soucieux. Elles avaient essayer de l’épargner. Mary, Mme Kirkenbauer et la nourrice s’étaient relayées auprès du petit garçon, mais la chambre du bambin était juste en face de celle de ses parents, et le plancher de la nouvelle maison craquait et grinçait ; en sus, il arrivait aussi aux femmes d’oublier de baisser la voix. Aussi M. Kirkenbauer avait-il fini par sortir de sa chambre en chemise de nuit et avait-il demandé en quoi il pouvait aider.

« Donner-le moi ! «  avait-il commandé Mary au début de son tour de garde, au moment même où la nourrice, rompue de fatigue, rejoignait en hâte la petite pièce qui lui était dévolue à l’arrière de la maison.

À deux heures du matin, quelle importance qu’ils se voient en vêtements de nuit !

 

Extrait 2 :

Ils firent tout leur possible pour qu’elle accepte le protocole, qu’elle cesse de faire tout un plat des prélèvements, deux fois par semaine, de son sang, de ses urines et de ses selles, de la remise des échantillons, des visites au laboratoire, des examens mensuels, de l’inspection consciencieuse de ses ongles, après trempage des mains dans des produits chimiques. Quand elle interrogea un médecin sur la raison de cette fréquence, il lui répondit qu’ils avaient besoin de définir son profil bactériologique. Les infirmières papotaient avec elle comme si elle était devenue indifférente à tout ce remue-ménage, mais lorsqu’elles constatèrent qu’elle n’arrivait pas à s’y habituer et qu’il s’agissait pour elle d’une humiliation insupportable, quelle que fût sa durée, elles la prirent en grippe. Venant à deux, elles finirent par ne plus se préoccuper d’elle. Et chaque lundi, après s’être entraînée tout le week-end à mieux se conduire, à faire des efforts, à montrer qu’elle était de bonne composition, à prouver qu’elle était suffisamment fiable pour qu’on la libère, quand elles apparaissaient, visage réjoui et flacons de verre à la main, elle devenait à nouveau livide.

— Quels sont les résultats ? demanda Mary. Je n’arrête pas de me soumettre à ces analyses, mais je ne connais jamais les résultats.

— Positifs, j’imagine, répondit une infirmière. Sinon, pourquoi vous garderait-on ici ?

Lorsqu’elle posait la même question au Dr Albertson ou au Dr Goodle, il se contentaient de lui rétorquer que les résultats isolés d’un examen ne signifiaient rien. Ils lui en feraient par dès qu’ils auraient collecté assez d’éléments pour arrêter des conclusions fermes. Patience, l’adjuraient-ils. Chaque chose en son temps.

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Presse de la cité
  • Date de Publication : 06/02/2014
  • Format : 143 x 226 mm
  • Nombres de pages : 404
  • ISBN : 978-2-258-09862-6
  • Prix : 22.50 €

Poche

  • Éditeur : 10/18
  • Date de Publication : 17/03/2016
  • Format : 108 x 178 mm
  • Nombres de pages : 452
  • ISBN : 978-2-264-06817-0
  • Prix : 8.40 €

 

Numérique

  • Éditeur : Presse de la cité
  • Date de Publication : 06/02/2014
  • Format : Epub / PDF / Mobi
  • Nombres de pages : 324
  • ISBN : 978-2-258-09897-8
  • Prix : 12.99 €

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