La Croisade des Carpates

Bkk couv les sept portes l apocalypse tome 1

2

Série : Les Sept porte de l'Apocalypse (T.1)

  • Auteures : Vanessa et Diana Callico
  • Sortie : 25/04/2013

 

 

 

Tome suivant

Les sept portes de l'apocalypse, t.2

 

4e de Couverture

Au crépuscule du Moyen Âge, le prince roumain Vlad Drakul voit déferler sur ses terres les féroces janissaires de l’Empire Ottoman.

Dans la lugubre citadelle des Carpates de Vlad l’Empaleur, un émissaire du pape envoyé sur le front du Djihâd commence à porter les stigmates d’une terrible métamorphose…

De nos jours, une jeune étudiante passionnée par l’Apocalypse voit le monde s’effondrer dans des cataclysmes effroyables. Partie enquêter sur le phénomène dans une étrange île surgie des flots, elle se retrouve mystérieusement propulsée dans le passé et réincarnée dans le corps de la promise du cruel prince Drakul : mais comment épouser un être aussi sombre ?

Entre les deux armées qui s’affrontent aux confins de l’Occident dans un duel sans merci, des créatures assoiffées de sang commencent à surgir des ténébreuses brumes de la plaine du Danube.

Comment survivre à l’Enfer, sans y perdre son âme ?

Quand je vois l’un des genres que je préfère, à savoir la fantasy, massacrer comme ça, je vois en cinquante nuances de rouges.

 

Résumé :

C’est l’Apocalypse, la vraie. Pas celle de la cuisine, quand on n’a pas fait la vaisselle la veille au soir. Oui, c’est la vraie Apocalypse. Les gens ont une maladie bizarre, qui les fait parler…« bizarre ». Les Bkk les sept portes de l apocalypse tome 1 la croisade des carpates img01 tsunamicatastrophes naturelles s’enchainent les unes après les autres, et une nouvelle île est apparue en plein milieu de l’Atlantique. Avec tout ça, Éva aurait dû être aux anges, elle qui prépare sa thèse sur l’Apocalypse justement. Eh bien, même pas ! Il faut dire qu’être propulsée au XVe siècle, dans le corps de la jeune épouse du tristement célèbre Vlad Drakul, a de quoi refroidir n’importe qui. Enfin, il semblerait qu’il y ait largement plus horribles à redouter que lui.

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

C’est l’apocalypse. La fausse cette fois-ci. Ce livre est l’exemple parfait, que les auteurs ne peuvent pas faire eux-mêmes leur travail éditorial ; parce qu’on arrive, 99,9% du temps, à une catastrophe.

Pourquoi je dis ça ?

La ponctuation déjà. Quand j’ai vu une phrase à rallonge (4 lignes) sans aucune ponctuation (et là, j’en étais à même pas vingt pages), je me suis dit : « ouille ouille ouille ». J’ai donc ouvert un peu plus les yeux ; et, c’est sans délectation aucune, que tous les soucis grammaticaux et orthographiques m’ont sauté à la gorge. Je me suis carrément fait agressée, sérieux.

Quand la ponctuation est mise, elle l’est « à la va-comme-je-te-pousse ». Conséquence, le confort de lecture est invisible.

Mais avec tout ça, la construction grammaticale est aussi catastrophique. Là, on pourrait me dire : « Ouais, mais c’est le style de l’auteur qui veut ça. C’est de la grammaire moderne ». Ce à quoi je répondrai : « Ouais bah, la grammaire moderne est à la littérature, ce que l’art moderne est à l’art ». On n’est pas sur une plume qui voudrait sortir de l’ordinaire, on est simplement sur un style qui ne s’en sort pas avec la grammaire. Il est lourd, surtout quand on voit s’enchainer des adjectifs et des adverbes à n’en plus finir. Je dois quand même reconnaître qu’il y a une légère amélioration sur la deuxième moitié du livre ; il faut rendre à César ce qui est César. Sinon, on sent qu’il y a un vrai malaise. Voilà pourquoi le métier de correcteur existe. Bkk les sept portes de l apocalypse tome 1 la croisade des carpates img02 adverbe

Il y a, en plus de cela, de nombreuses coquilles, et par moment, un mauvais emploi de termes. Certes, il y a une richesse lexicale indéniable, mais quand un mot n’est pas bien utilisé ça se sent aussi. On ne peut pas dire que vérifier tel ou tel mot pendant une lecture ça soit cool. Non, on peut pas dire.

Avec toutes ces casseroles, la compréhension de la trame en prend un sacré coup. Quand on tombe sur des phrases au sens obscur, genre « Si t’es pas Indiana Jones tu la comprends pas », bah ça aide pas. « Non mais, c’est une énigme dans une énigme, en fait. » Ouais bah, après un traitement de 345 pages comme ça, je ris jaune vif.

 

  • L'intrigue : 

Pour les raisons que je viens d’évoquer, les parties « intrigue », « univers », et « personnages »  ont été pénibles à jauger.

L’histoire ne démarre qu’à quelques pages de la fin. Tout du long, on va, on vient entre les différentes voix utilisées pour nous conter la trame.

D’habitude, j’aime quand il est fait usage de personnages différents pour relater les faits, mais ici c’est usant, parce qu’en fin de compte on a l’impression de ne pas avancer. C’est dommage, parce que l’idée de base est plutôt intéressante, mais c’est poussif, saccadé et cousu de fils blanc.

Ce qu’il y a de plus dramatique dans l’affaire, c’est que par moment on est dans l’action. On se dit alors que çBkk les sept portes de l apocalypse tome 1 la croisade des carpates img03 apocalypse de jeana décolle enfin. Sauf qu’à la coupure suivante, ça s’effondre comme un soufflé au fromage sorti trop tôt du four.

 

  • L'univers :

Bravo sur le travail de recherche qui a dû être énorme pour construire l’univers des Sept portes de l’apocalypse. Il faut reconnaître qu’il y a pas mal de références aussi bien linguistiques que culturelles, et cela sur de nombreux domaines.

Mais, y’a un mais.

Pourquoi quand il y a autant de travail de recherche, faut-il à tout prix le montrer d’une manière ostentatoire ?

Ne plissez pas les sourcils, je vais m’expliquer de suite, en prenant un exemple concret.

 

Un des chapitres est consacré à une entrée dans l’univers dans les relations internationales, en nous plongeant dans les réunions de l’ONU. La situation est bien évidemment adaptée à l’intrigue, ce qui est tout à fait normal. Jusque là tout va bien. Ce qui pêche, c’est au moment où je me dis : « PFFFFFFF. Je suis à la fac ou quoi ? Pourquoi j’ai l’impression d’assister à un cours en amphi de droit international ou de droit européen ? ». Ce sont pas de bons souvenirs, autant le dire tout de suite (Comment je m'ennuyais).

J’ai pris cet exemple parce que c’est le plus parlant, mais il y en a d’autres. Non, il y a aussi les côtés linguistiques, religieux, historiques qui sont en cause. Il y a une tonBkk les sept portes de l apocalypse tome 1 la croisade des carpates img04 logo onune de connaissances qui sont déversées, sans former une réelle harmonie. Et, elles ne font même pas avancer l’histoire.

On est vraiment dans le schéma du type : « On a envie de mettre ci, ça et ça parce que ça fait bien, et si vous comprenez pas ou que l’histoire n’avance pas, c’est pas grave ». EUH…ouais bah non ! Quand on crée un univers, surtout de fantasy, faut faire en sorte que le lecteur comprenne un minimum et que ça ait un quelconque intérêt pour l’intrigue. Ça donne une mauvaise image du genre, et il a franchement pas besoin de ça. Il a suffisamment de mal à s’inscrire comme genre littéraire à part entière, pour en rajouter une louche.

 

  • Les Personnages :

Cette histoire demandait des personnages forts et charismatiques, mais ce n’est malheureusement pas ce que l’on a. Ils auraient pu avoir du potentiel, si on les avait laissé s’exprimer et s’affirmer.Bkk les sept portes de l apocalypse tome 1 la croisade des carpates img05 vlad dracula

J’ai trouvé intéressant de confronter l’image moderne que l’on a de "Vlad l’Empaleur", source de Bram Stocker pour Dracula, à celle donnée par les auteures. C’était particulièrement bien trouvé, mais ça n’a pas été exploité à sa juste valeur.

Le lien ne réussit pas à se faire, peut-être parce que l’on ne passe pas assez de temps avec le personnage de Vlad.

Le personnage d’Éva n’est pas mieux. On a beaucoup de difficultés à cerner cette jeune femme, et si l’on comprend le rôle qu’elle doit tenir, on n’arrive pas à en prendre la pleine mesure.

 

En Bref : 

En bref, La Croisade des Carpates, premier tome des Sept portes de l’apocalypse n’est pas une lecture qui m’ait été agréable.

La plume est lourde, et gifle sans équivoque les règles grammaticales.

L’intrigue se révèle poussive et cousue de fil blanc. L’enchainement anarchique des événements ne permet pas de se plonger, comme on le souhaiterait, dans cette histoire pourtant prometteuse.

L’univers n’est qu’un moyen de montrer que les auteures possèdent de Bkk les sept portes de l apocalypse tome 1 la croisade des carpates img05 apocalypsenombreuses connaissances culturelles. Or, elles n’aident en rien l’intrigue à se sortir des sables mouvants dans lesquelles elle s’enlise, toujours un peu plus. Il faut attendre presque la fin de l’œuvre pour commencer à voir une quelconque amélioration, mais elle intervient beaucoup trop tard.

Les personnages sont malmenés, leur potentiel n’étant absolument pas exploité.

À ceux qui souhaiteraient se plonger dans une œuvre de fantasy, ayant pour personnage ce cher Vlad, je ne recommande pas cet ouvrage qui n’autorise pas son lecteur à se plonger pleinement dedans.

  • Ce que j'attends du prochain tome :

En règle général, je finis toujours une saga commencée, mais je doute fortement de poursuivre celle-ci. Je n’attends donc rien du prochain tome.

 

Points Faibles Points Forts
  • Travail éditorial faible, voire inexistant
  • Intrigue poussive
  • Narration saccadée
  • Univers mal exploité
  • Personnages fades
  • Idée intéressante
  • Richesse lexicale et culturelle

 

 

Notation : 

Style Écriture : 3/10

Intrigue : 2/10

Originalité : 6/10

Univers : 4/10

Personnages : 3/10

Moyenne Globale : 3.6/10

 

Sources Illustrations :

http://lnt.ma/le-maroc-participe-a-un-exercice-dalerte-au-tsunami/

https://tidsskrift.dk/index.php/revue_romane/article/view/11450/21740

http://www.ebible.free.fr/livre.php?_id=ap&_chap=20

http://initiadroit.com/quest-ce-que-lonu/

http://www.livescience.com/48536-vlad-the-impaler-dark-secrets.html

http://renaudossavi.mondoblog.org/2015/01/26/apocalypse/


N.B :

Je suis toujours en colère quand je tombe sur une œuvre qui malmène le genre de la fantasy. La lecture de genres de l’imaginaire doit nous procurer une sensation d’évasion, et de plaisir, et pas servir à étaler des connaissances.

Mais ce qui me peine encore plus, c’est de constater l’irresponsabilité vis-à-vis de la petite édition et de l’auto-édition. Un livre comme celui-ci, de par son manque de révision éditoriale ne donne pas une bonne image de ces secteurs éditoriaux. Les belles couvertures ne font pas tout.

Il est inadmissible que le texte soit à ce point malmené. Correcteur est un métier à part entière, et il est illusoire de penser qu’un auteur peut corriger lui-même son travail d’écriture. Pour écrire et corriger mes chroniques, je le sais. J’ai beau passer plusieurs fois dessus, je suis toujours exaspérée quand je relis certaines chroniques, après un certain temps, de voir qu’elles contiennent encore des coquilles.

Quand on propose un ouvrage à la vente, il est inadmissible d’oser le présenter ainsi. Comment peut-on espérer que les lecteurs se dirigent vers la petite édition ou l’auto-édition, si on leur présente de tels travaux ? La grande édition ne vaut pas forcément mieux, mais dans l’esprit des gens, elle est davantage considérée comme une valeur sûre.

Le goût que me laisse ce livre est amer parce que j’ai l’habitude de lire des livres qui viennent de tous types d’édition, et j’ai trouvé de très bons ouvrages dans la petite édition ou même dans l’auto-édition. Ils ont déjà tellement de mal à percer, qu’il est inadmissible de voir certains de leurs confrères participer à l’aggravation de cette situation.

Je ne recommande pas ce livre, en revanche je recommande de continuer à aller vers les petites maisons d’édition ou l’auto-édition qui ne sont pas faites que d’œuvres bâclées.

Extraits

Extrait 1 : P .9

Chapitre I

Éva frissonna lorsqu’elle sentit la pluie glaciale se glisser entre les jointures de ses doigts cisaillés par le port de ses sacs de courses. Tout en regrettant amèrement d’avoir encore trop acheté, la jeune femme tenta en vain d’ignorer la désagréable sensation de picotement humide qui lui procurait la chair intérieure de ses cuisses lorsqu’elles se frottaient l’une contre l’autre à chacun de ses pas.

Épuisée, l’étudiante se traînait dans la nuit d’une morose banlieue parisienne, écrasée tout autant par le poids de ses victuailles à haute teneur calorique que par celui de nombreux dictionnaires dont elle avait usage pour ses recherches. Des gouttes tambourinaient sans relâche sur les boîtes de pizzas surgelés, emportant dans leur sillage des bouts de salade fermentée restés collés sur le carton. Si l’angoisse de son rendez-vous du lendemain l’avait rendue faible face à la tentation de l’estomac, elle se haïssait à présent d’avoir ainsi contribué à creuser le négatif déjà insondable de son compte en banque tout en entretenant sa graisse honnie.

Suante et essoufflée, Éva n’en pouvait déjà plus. Pourtant, son studio perché au dernier étage d’une barre d’immeuble à la façade délavée par les fréquentes intempéries de la région était encore loin : le pire, ce serait les escaliers…

 


Extrait 2 : p.100

Au bout de quelques heures de contrition, l’infâme pêcheur qu’était devenu Niccolaï se sentait de nouveau l’âme en paix. Après tout, qu’y pouvait-il si la maladie qui allait bientôt causer sa perte s’était manifestée au moment inopportun ? Le Seigneur pardonnait aux malchanceux. Quant au pape, s’il avait besoin d’anges pour son service, il n’avait qu’à les faire descendre du Ciel.

Le prêtre était de toute façon de plus en plus éloigné de l’état de grâce par une odeur entêtante qui lui caressait le gésier. Celle-ci semblait provenir du macchabée frais. Jusqu’au creux de ses coudes joints en attitude sainte ne restaient pas indifférents à l’appel de la dépouille, plus puissant encore que lorsque la vie habitait encore sa chair.

Ne résistant bientôt plus à cette terrible tentation, De Modrussa finit par quitter son lieu de recueillement en titubant pour aller s’engorger de senteurs capiteuses au-dessus du corps sans vie.

Il avisa sans tarder un relief de bœuf ingéré tout à l’heure impunément posé au milieu des viscères brûlées, tel une pièce de viande sur un lit de tagliatelle du pays. Le prêtre s’en approcha, fasciné par cette lointaine évocation culinaire de sa patrie.

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Le Héron d'Argent
  • Date de Publication : 23/04/2013
  • Format : 233 x 155 mm
  • Nombres de pages : 360
  • ISBN : 979-1-09-417312-1
  • Prix : 20.00€

Numérique

  • Éditeur : Le Héron d'Argent
  • Date de Publication : 26/10/2016
  • Format : Epub / Mobi
  • Nombres de pages : 360
  • ISBN : 979-1-09-417313-8
  • Prix : 5.99€

Usebook

  • Éditeur : Le Héron d'Argent
  • Date de Publication : 09/05/2016
  • Format : Epub
  • Nombres de pages : 360
  • ISBN : 978-1-09-417325-1
  • Prix : 9.90€

 

Où l'acheter

Bkk le heron d argentLes libraires 1 Amazon Chapitre Fnac Decitre Cultura Price minister

La communauté du BooKKyûden est sur Facebook

 
 
  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau