Ashura

Bkk couv ashura

3 5

Challenge

 

  • Auteure : Léti
  • Pays :  France
  • Sortie : 01/07/2015
  • Adaptation : Non
  • Public : Tout Public

4e de Couverture

Supposons que notre monde ne soit pas le seul.

Supposons qu’il en existe un autre pour recueillir les âmes des défunts.

Supposons maintenant que l’équilibre se brise, que ces deux mondes se mêlent et s’emmêlent, que les démons s’échappent des Enfers, que les morts enfantent des vivants…

Une guerre éclate entre deux camps immortels. Pour l’un, un seul objectif : rétablir sur le trône l’Ashura, la Reine des Démons. L’autre tentera d’empêcher que la nouvelle élue y parvienne.

Au cœur de ce conflit, une adolescente, préoccupée par ses propres problèmes, ignore tout de sa destinée.

Mais son destin va bientôt basculer, des batailles se déclarer et le sang devra couler…

Trouvera-t-elle une raison de vivre suffisamment forte pour la pousser à tenter de sauver toutes ces âmes en perdition ?
Car chacun a le droit de goûter à la vie, tant qu’il ne l’a pas encore perdue.

La Critique de ChoupieS

Un light novel made in France, avec tous les ingrédients nippons, me laissant encore un peu dubitative, mais qui marque une belle prise de risque de la part de l’auteure.

 

Résumé :

Afin d’éviter tout spoiler, je préfère vous renvoyer à la 4e de couverture qui résume parfaitement le thème du livre.

 

Avis Général :

  • Le Style d'écriture : 

J’ai été un peu déconcerté avec l’écriture de l’auteure que j’ai trouvé assez saccadée. On sent que la plupart du temps, cela est une volonté de sa part, pour imposer un rythme plus ou moins soutenu. Cependant, on s’aperçoit que dans certains passages cela n’est pas forcément désiré. De ce fait, il y a une perte de fluidité. L’embêtant est que, même s’ils sont très courts, ils vont montrer un peu trop régulièrement le bout de leur nez, en s’insinuant par-ci par-là. Image 1 bout de nez 313x500

Une autre chose pouvant être gênante est la perte du fil de lecture lors des dialogues. Plusieurs fois, surtout quand le nombre de protagonistes excède deux interlocuteurs, on ne sait plus qui dit quoi. Cela est accentué par le fait que les personnages possèdent tous la même façon de s’exprimer. Je reviendrai dessus un peu plus tard. Ce point aussi fait perdre en fluidité et en confort de lecture.

En revanche, Léti possède une bonne faculté à faire passer la narration à la première personne, chose qui n’est pas forcément évidente, surtout lorsqu’il s’agit d'une fiction et non d’un témoignage.

 

  • L'intrigue : 

Malgré une mise en place que l’on peut trouver assez brouillonne, l’intrigue est plutôt sympathique à découvrir. J’ai eu très peur quand j’ai commencé la lecture, car, en partie à cause du prologue, je me suis dit « mince, je sais déjà commImage 2 ashuraent ça va se terminer ». Là, j’étais un tantinet ennuyée. Mais, l’auteure arrive à faire oublier ce début, en nous plongeant dans des aventures loufoques et déjantées. On a tendance à perdre de vue l’objectif premier de l’intrigue.

D’un côté, c’est une bonne chose, car l’on sort des sentiers battus dont on a l’habitude dans les romans classiques et surtout cela ramène un peu de suspens, d’un autre côté c’est perturbant, car l’on a l’impression de tourner en rond jusqu’au moment où un élément nous rappelle le fil conducteur.

Quelle est la sensation qui prend le pas sur l’autre ?

La réponse sera uniquement en fonction du lecteur, et ne sera pas forcément blanche ou noir. Pour ma part, elle est grise. D’un côté je me dis « Purée, c’était super agaçant par moment de tourner en rond », de l’autre je me dis « Oh, c’était chouette quand même, et la fin, même si elle était prévisible, n'était pas si mal ».

L’intrigue choisie, et la façon dont elle a été amenée, en utilisant le point de vue de plusieurs protagonistes à la première personne, étaient très complexes. Le maillage n’était pas évident à ficeler correctement. Du coup, et c’est de là que vient cette sensation Image 3 tricot 313x500brouillonne. Les transitions sont un peu brutes de décoffrage, l’articulation parfois dure à cerner, et des événements auraient mérités d’être un peu plus approfondis.

Cependant, je tire quand même mon chapeau à l’auteure, car l’intrigue, sous la légèreté de scènes totalement farfelues, est difficile à maintenir sur les rails. Or, la cohérence générale est tenue jusqu’à la fin.

Cette dernière est ce que j’ai préféré. Même si je l’ai trouvé prévisible, comme j’ai pu le dire, elle est dans la lignée de l’intrigue et les 10 dernières pages sont intenses en émotion.

 

  • L'univers :

Le light novel est au Japon, ce que le camembert est à la France…euh…oui…bon passons. Tout ça pour vous dire que, c’était plutôt culotté – dans le bon sens du terme – de la part de l’auteure, mais aussi de l’éditeur d’avoir joué le pari de ce format, quand on sait que notre pays a vraiment du mal à s’y ouvrir.

Alors, je vais vite fait revenir sur ce qu’est un light novel. C’est un type de roman, à destination d’un public adolescent et/ou jeune adulte, utilisant une mise en scène de l’intrigue très vive, se fondant davantage sur les dialogues que sur des descriptions pures et dures. C’est une définition très grossière, mais c’est vraiment pourImage 4 sao 313x500 faire simple et concis. Généralement associés à la culture manga (ex : Sword Art Online) mais aussi du jeu vidéo (ex : Final fantasy), on y retrouve les caractéristiques culturelles de ces deux supports, et de tous les univers gravitant autour et qui sont propres au Japon. Du coup, c’est pour cela que notre pays, même via les communautés de fan, a des difficultés à positionner ce type d’ouvrage.

Ashura est bien dans cette configuration. Toutefois, l’œuvre n’oublie pas qu’elle est "made in France", et pense à donner des informations culturelles qui pourraient manquer à sa bonne appréhension. Cela va se traduire par de petites astuces, notamment via des réflexions intérieures des personnages pour expliquer, de manière drôle et ludique, certaines particularités du pays du soleil levant.

Je l’ai dit plus haut pour l’intrigue et je le redis ici, l’univers choisi est très riche et complexe même s’il n’y paraît pas à première vue. On sent que l’auteure maîtrise son sujet, mais on arrive à se perdre dans certaines explications un peu plus nébuleuses. Certains passages auraient gagné à être davantage explicités. Or, il ne faut pas oublier qu’Ashura étant un light novel, il a fallu à Léti compenser avec la difficulté de ce support qui boude les trop longues descriptions. Il faut aussi rappeler que normalement ce type d’ouvrage excède rarement les 350 pages, or ici on est déjà à 407.

Point que j’ai particulièrement apprécié, sur les thèmes choisis, celui de la guerre, très bien utilisé à la fin, avec une belle portée sur le rapport de l’homme avec elle.

Un dernier mot sera sur la narratrice qui intervient dans l’histoire. Elle se fait même interpeller par ses personnages. J’ai trouvé ces séquences très amusantes et marquant un réel moment de détente qui prouve aussi une complicité avec ses personnages.

 

  • Les Personnages :Image 5 langage 313x500

Il y a quelque chose qui m’a vraiment frappé ici, et c’est l’uniformisation du discours des personnages. Je m’explique de suite. Je ne suis pas en train de dire que les personnages pensent les mêmes choses, pas du tout. Ce que je dis est que le vocabulaire et la façon qu’ils ont de s’exprimer sont les mêmes. C’est cela avec la perte du fil des dialogues qui m’a le plus dérangé dans ce livre.

J’ai trouvé dommage qu’un roi, une lycéenne renfermée sur elle-même, un pirate parlent de la même manière. Le manque de diversification dans l’élocution prive les personnages d’une partie de leur identité. Je trouve que la personnalité de chacun, sans pour autant tomber dans les vulgaires clichés, n’est pas assez poussée. On l’effleure à travers des points de caractère, et tout le reste du temps on tourne autour de ces points. C’est vraiment dommage parce qu’ils ont tous un énorme potentiel. C’est encore plus dommage, car au moment où ils commencent à prendre leur envol, que chacun prend sa place et que l’on arrive enfin à voir leurs disparités, la fin arrive. Je pense que c’était une volonté de l’auteure d’avoir conservé aussi longtemps cette affirmation, mais c’est tardif.

 

En Bref : 

En bref, Ashura s'inscrit dans une catégorie d’œuvres, les light novels, commençant tout juste à trouver leur place dans notre hexagone. Il s’agissait d’un réel défi qu’a voulu relevé Léti en voulant faire connaître sa passion pour la culture nippone à travers cette œuvre qui implique bon nombre de difficultés.

Certes, il y a des absences de fluidité, à cause d’une uniformisation du langage des personnages, engendrant une perte du fil conducteur dans les dialogues, mais il faut aussi relever toute la complexité de tenir une histoire cohérente dotée d’un univers complexe, ce qu’arrive à faire Léti. Avec des passages humoristiques déjantés où, de temps en temps, la narratrice s’invite, on ressent le plaisir qu’a été le sien de faire évoluer des personnages qui lui tiennent à cœur. Je regrette juste de ne pas avoir été embarqué davantage dans ces protagonistes qui, maImage 6 fuji san 313x500lgré leur exubérance, conservent une pudeur trop envahissante qui tarde à se dissiper.

Ashura fait partie de ces livres qu’on ne peut ni conseiller ni déconseiller, car il n’y a qu’en le lisant soi-même que l’on peut se forger son opinion. Je peux simplement dire que des personnes acquises à l’univers mangas retrouveront tout de suite leurs repères, mais les personnes ne provenant pas de cet univers ne seront pas perdues non plus, car ce qui pourrait poser problème est parfaitement bien expliqué.

En tout les cas, je ne me fais pas de soucis pour Ashura, car il trouvera son public. Et, il permettra à son auteure de parfaire davantage tout son univers, lui conférant davantage d’assurance.

 

Points Faibles Points Forts
  • fil conducteur perdu dans les dialogues
  • transition abrupte
  • uniformisation du vocabulaire des personnages
  • intrigue complexe
  • univers et support choisis difficiles à adapter
  • pédagogie sur l’immersion du lecteur
  • fin empathique

 

 

Notation : 

Style Écriture : 6.5/10

Intrigue : 7/10

Originalité : 10/10

Univers : 8.5/10

Personnages : 6/10

Moyenne Globale : 7.6/10

 

Sources Illustrations :

Image 1 : http://www.dutoitfreeblog.com/blog_de_frederic_dutoit/2015/05/petites-vacances-montagnardes-ou-pointer-le-bout-de-son-nez.html

Image 2 : http://www.kanaii.fr/e107_plugins/content/content.php?content.12Image 3 : http://lefilamailce.blogs.marieclaireidees.com/archive/2012/01/11/tricot-ou-tissage.html

Image 4 : http://swordartonline.wikia.com/wiki/Sword_Art_Online_Light_Novel_Volume_08

Image 5 : http://www.mieux-etre.org/Langage-des-dents.html

Image 6 : http://www.japantours-switzerland.com/fr/le-japon/bienvenue-au-pays-du-soleil-levant.html

 

Extraits

Extrait 1 : Première partie, Chap. premier, p.14

Yosei

— Shino-san ! Hé, Shino-san! mumure une voix à côté de moi.

J’ouvre les yeux.

Et regarde celui qui m’a tirée de mon sommeil. C’est mon voisin de classe, Sei. Kokorono Sei, pour être précise. Un vrai fayot à cheval sur les bonnes manières. Tout en lui donne cette impression, physiquement et moralement très à cheval.

Il a les cheveux châtains, coupés courts au carré, une paire de lunettes qui glissent sans arrêt sur le bout de son nez qu’il a très beau, je l’avoue. Mais à côté de ça, une petite moue boudeuse et imbue de sa personne m’exaspère. Toujours bien habillé et propre sur lui.

Sei est une garçon adorable, mais…comment dire ? il a le profil du parfait petit étudiant. Voilà, c’est exactement ça. Et puis…il a beau être une tête, il est aussi doué que moi en ce qui concerne les relations humaines, voire moins. Dès qu’il s’agit d’entamer une conversation à peu près banale avec un être humain normalement constitué, je suis perdue, déboussolée.


Extrait 2 : Seconde partie, Chap. troisième, p.129

Toushirô

Maki-chaaaaaaa, ! dis-je en lui sautant dessus pour la prendre dans mes bras.

Et hop, un pain dans la tronche. Si ça continue, je vais pouvoir faire une énorme collection et devenir un vrai boulanger ! Et puis alors je vendrai du pain au sésame du pain au pavot…je pourrai même faire du pain à l’artichaut, tiens ! Quoi ? Comme ça, ça ne se vendrait pas ? Bien sûr que si, il faut privilégier les légumes !

~~C’était un message du ministère de la santé~~

Ben, maintenant que ce court espace pub pour me future boulangerie est passé, revenons aux choses sérieuses…

Dernièrement, dans Ashura, le jeune, beau et sensuel Toushirô, oui, celui-là même que toutes les filles acclament et adulent venait de…se prendre une belle patate dans la tronche, qui allait sans doute imprimer sur son magnifique visage d’ange un superbe œil au beurre noir, par la beauté de l’histoire, Tatsumaki. Il réagit donc, très violemment :

— Aë ! Mais euh, Maki-Chan…Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?

Les Éditions

Broché

  • Éditeur : Éditions Underground
  • Date de Publication : 01/07/2015
  • Format : 235 x 153 mm
  • Nombres de pages : 410
  • ISBN : 9791092387056
  • Prix : 19.90€

Numérique

  • Éditeur : Éditions Underground
  • Date de Publication : 01/07/2015
  • Format : Epub, Mobi, PDF
  • Nombres de pages : 426
  • ISBN : 9791092387063
  • Prix : 4.99€
 

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