#21 - Qui est-ce? C'est moi!

Enfin vous allez en savoir plus sur les habitantes du BooKKyûden, mais d'abord on commence par la créatrice, c'est à dire moi!


 

Bonjour à toutes et à tous.

Je suis très heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle Histoire de Vie.

Vous êtes de plus en plus nombreux à lire les publications du Palais, et notamment les critiques de ChoupieS, qui remportent un très grand succès. Je suis très contente qu’elles vous plaisent et je souhaite, par la même occasion, la bienvenue aux nouveaux BKKnautes qui nous ont rejoints sur Facebook. La communauté grandit doucement, mais sûrement.

Pendant tout le mois qui est passé, j’ai beaucoup travaillé, sur le site, la maison d’édition, mais également sur moi-même. Je me suis donc posée la question fatidique : Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir vous raconter dans le prochain HV ?Communaute facebook 313x500
Nous nous retrouvons aujourd’hui, et j’ai décidé qu’il était plus que temps que je vous parle de moi.

Là, vous vous dites sûrement « Mais, Lydie t’es pas nette, tu ne fais que ça dans cette chronique. Tu t’aimes à ce point ? »
Alors déjà, oui je m’aime et si je pouvais me marier avec moi-même je le ferais. Ben quoi ? Au moins, je suis certaine de ne jamais divorcer. Vous vous rendez compte des économies qu’il y a à faire. Je ne comprends pas que personne n’y ait jamais pensé.

Plus sérieusement, c’est vrai que je vous ai parlé un peu de moi, mais si vous regardez bien dans le Palais, vous ne trouverez nulle part, un endroit où je vous ai véritablement dit qui nous sommes. Et quand je dis « nous », je parle des habitantes du Palais et de moi-même.

Alors ? Qu’est-ce que vous avez à dire à cela ?

Eh non, je ne me suis jamais véritablement présentée, mais on va y remédier.
C’est Isabelle Gendre, mentaliste, devenue ma marraine la bonne fée – comme quoi il n’y a pas que Cendrillon qui avait le droit d’en avoir une – qui m’a soufflé cette idée.

Avec la mise en route du tout premier BKK’Stories, il y a deux semaines, mettant en scène des tranches de vie des habitantes du Palais, j’ai décidé que c’était le bon moment pour faire les véritables présentations. Par conséquent, les prochaines Histoires de vie seront consacrées au portrait de chacune des habitantes.

Pour celui-ci, en toute logique, c’est par moi que l‘on va commencer. Vous êtes prêts? Alors on y va.

*******

C’est la fin d’un mois d’octobre glacial, avec un soleil de scorpion, qui m’a vu naître, il y a de cela 31 ans, en l'ancienne cité médiévale de Senlis dans le sud isarien. Image 1 senlis 313x500

Je suis la plus jeune d’une fratrie de huit enfants, de parents nés dans un département français à trois chiffres, 972. Étant la dernière, j’ai été particulièrement couvée. Pourquoi aurais-je honte de le dire puisqu’il s’agit de la vérité ?

J’ai eu la chance d’avoir une enfance, que l’on pourrait qualifier de « normale ». Bien évidemment, rien n’est jamais idyllique dans une famille, alors il y a eu, comme partout, des hauts et des bas. Ce sont eux, en partie, qui ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.

Mon imaginaire a toujours été fortement présent, et cela, depuis que je suis bébé.
Comment puis-je savoir cela ? Tout simplement en recoupant les informations, et en demandant à mon inconscient (merci marraine la bonne fée).

Plus de trente plus tard, nous avons enfin su pourquoi je ne cessais de pleurer le soir, et ne voulais jamais dormir. Pauvre grande sœur qui, malgré ses cours au lycée, prenait toujours un peu de temps, le soir, pour relayer ma mère et me bercer pendant des heures jusqu’à en avoir mal à l’épaule (Désolé ma sœur. Tu sais que je t’aime. EtVoltaren, promis quand je serai riche je t’achèterai tous les tubes de Voltaren que tu voudras).
L’imaginaire que je possède était trop fort et, on le sait tous, la seule façon pour un bébé de s’exprimer est de pleurer. D’où les pleurs incessants et les très courtes nuits. À quatre heure du matin, je commençais mes journées.

En grandissant, j’ai toujours conservé cet imaginaire, et ai vite compris que la moindre chose, que je voyais, sentais, ou entendais, pouvait l’alimenter.
Alors j’ai pris tout ce qui passait à ma portée et je l’ai fait ingérer à cet imaginaire. Une abeille qui butine, un jouet qui tombe, une poupée qui ferme les yeux, un éclat de rire. Toutes ces choses, que l’on trouve futiles de prime abord, étaient pour moi un vrai carburant.
Quand j’eus la compréhension de ce que pouvaient transmettre les livres ou la télévision, tout s’est accentué, sans que je réussisse à le maîtriser. Je me souviens avoir maudit de nombreuses fois ce trop-plein d’imagination. Je l’aimais autant que je le haïssais.

 

*******


À l’adolescence, les mangas sont arrivés, et m’ont permis de mettre en sommeil cet imaginaire en le canalisant. Enfin, c’est ce que je croyais, car les activités qui m’intéressaient se sont multipliées. Le désir d’écrire, la musique, les jeux vidéo, le bricolage, etc.
Un jour, vers la fin du lycée, une envie qui avait toujours été présente en moi revint, celle de monter un commerce. Cette idée me paraissait si futile et irréalisable qu’elle laissa la place à une idée d’avenir, illusoirement, plus terre à terre et crédible.

Cette autre idée était venue de mon sens inné de la justice et surtout de mon amour de la série Ally McBeal, au moins jusqu’à ce que le personnage de Billy meurt (C'est pas marrant). Avec un bac de sciences économiques et sociales en poche, je suis partie rejoindre le bâtiment voisin de la cathédrale d’Amiens, la faculté de Droit Jules Verne. Jules verne

Jules Verne ! Quelle tristesse, à l’époque, de ne pas avoir réalisé que la littérature ne m’avait jamais quitté, même quand j’ai voulu la museler le plus intensément possible !
Mais, il fallait que j’entre dans cette faculté, car j’avais des événements à y vivre, des personnes à y rencontrer, des amitiés à défaire, d’autres à façonner, et des constats à faire pour prendre conscience de qui j’étais réellement. Il me fallait cette plongée dure, froide et rigide dans un univers totalement opposé à ce qui me correspondait, pour que je puisse affiner les portraits qui me rebutaient.

La faculté m’a apporté une vision bien mesquine et hideuse des personnes censées représenter notre système judiciaire. Un mauvais remake des Feux de l’amour – vous imaginez l’ampleur du désastre – se jouait, et se poursuit encore et toujours. Du pistonnage, du favoritisme, de la méchanceté et de la vilénie à l’état pur.


« De magnifiques années », vous diront la plupart des étudiants. Oui, en effet, on peut y vivre de merveilleuses années, pour peu que l’on accepte de rentrer dans les moules bien uniformes qui y sont créés. Mais si, par malheur, vous ne voulez pas vous fondre dans ce moule et conserver un minimum votre lucidité et vos valeurs, alors il faut être préparé à faire front aux corps administratifs et enseignants, mais surtout étudiants qui se transformeront en armée du Mordor. Les faux semblants s’étiolent, les beaux masques vénitiens s’écaillent sous la laideur.Masque venitien

J’ai voulu intégrer cette communauté de barbares et me fondre dans la masse. Or, très vite, il m’a été impossible d’adopter leur devise qui m’avait toujours révulsé. « Moi, je suis en droit, alors je suis supérieur aux autres».
Mes propos choqueront, mais ils sont issus d’une réalité que j’ai vue et vécue.

Quand j’ai décidé d’entrer dans une résistance personnelle, je désespérais intérieurement du sort de ces pauvres diables, qui n’avaient aucunement vu qu’ils n’étaient pas des démons de première catégorie, mais juste de la chair bonne à nourrir les vrais maîtres de légions.
Il fallait les entendre « Quand je sortirais diplômé, je gagnerais au moins 5000€ par mois » ou encore « De toute façon, le chômage ne peut pas nous atteindre » ou aussi « Pfff, de toute façon toutes les portes s’ouvriront ». Comment pouvait-il manquer à ce point de clairvoyance ? Quelle drogue nouvelle avaient-ils fumé ? Heureusement pour moi, et pour mes quelques amis, nous avions dû être absents le jour où ils l’avaient distribué.

En attendant, il fallait que je parte de cette atmosphère qui me faisait suffoquer. Je n’irais pas jusqu’au Master II, mais tant pis. Je n’aurais pas supporté une année supplémentaire. Je partis donc de la fac avec un Bac+4 en droit des affaires.
Pourquoi avoir choisi le droit des affaires ? Tout simplement parce que pendant mes études, mon envie d’ouvrir mon propre commerce était revenue. Or, j’étais parfaitement consciente qu’il me fallait des connaissances dans divers domaines et l’aspect juridique n’était pas à exclure. Étant dans la place dans ce milieu, j’ai orienté mes études dans l’optique que cela me serve un jour à entreprendre.

 

*******


Après ces années de torture, j’ai fait face, comme beaucoup trop d’âmes, à la galère de la recherche d’emploi. Cela a été très dur. Et, rendez-vous compte, je n’avais pas les œillères de mes confrères qui, pour beaucoup, ont déchanté.

« Vous avez trop de diplômes et pas d’expérience » , « Nous recherchons un juriste junior, mais avec un minimum de 5 ans d’expérience » , « Vous habitez chez vos parents. Ce n’est pas pressé pour vous de travailler » , « Avez-vous de la famille qui travaille dans le domaine juridique ? » En plus des nombreux courriers restés sans réponse, voici un panel de ce que j’ai pu entendre pendant les trop rares entretiens que j’ai pu passer.

Pour monter une entreprise, il faut cinq choses à mon sens : du réalisme, une idée viable, un brin de folie, du courage et de l’argent. L’argent ne fait peut-être pas le bonheur, mais en attendant, c’est le nerf de la guerre et surtout la guerre des nerfs.Jules renard

Quand toutes les portes se ferment les unes après les autres, que l’on vous dit, que vous coûter trop cher à cause de vos diplômes, que vous êtes trop jeune, que vous n’avez pas d’expérience suffisante, enfin bref, que des excuses bidons, l’estime que l’on a pour soi-même en prend un coup, car on se sent inutile à la société.

Le ras le bol arriva et me poussa à dire « Merde » une bonne fois pour toutes au droit qui ne pourra décidément rien m’apporter de concret, en tout cas, pas dans l’immédiat.
« Si l’on ne veut pas de moi dans ce domaine, alors il faut essayer ailleurs. Tant pis, mais j’ai besoin de travailler. »
Alors, j’allai dans tous les domaines qui me venaient en tête, en passant sous silence le bilan de compétence que j’avais fait quelques mois plus tôt et qui, triomphalement, m’avait annoncé les domaines dans lesquelles je pourrais exceller. Le social notamment. Or, il arrivait bien loin derrière le domaine littéraire.
Bon sang ! Encore ce foutu domaine littéraire qui me demandait de débrider cet imaginaire qui se jouait de moi constamment. Il fuyait à chaque fois que je tentais de le solliciter, et rappliquait quand je ne lui demandais rien.

Finalement, j’ai trouvé un emploi à la CAF, où j’ai été mise en face d’un système que je pensais connaître, mais qui, chaque jour, me montrait à quel point nous ne possédions pas toutes les cartes pour juger objectivement.
J’étais aux téléphones toute la journée. Je faisais mon travail et je le faisais bien. Il ne s’agit pas de vantardise, je sais simplement que je faisais correctement et consciencieusement mon travail.
J’avais signé un CDD, ils ont voulu me garder, j’ai refusé. J’avais d’autres projets et ambitions en tête. Si j’étais resté là-bas, je n’aurais pas pu avancer. J’avais longuement réfléchi, peser le pour et le contre. Mais non, je ne pouvais pas rester.
Cdd
D’ailleurs, l’épuisement moral qu’un tel travail procure est insoutenable à long terme. C’en est à un tel point que le corps, lui-même, finit par lâcher. Jamais je n’avais eu une telle extinction de voix. Impossible de parler pendant plusieurs jours avec une angine qui me cloua au lit pendant une semaine. Heureusement, ma fin de contrat et les jours de carences, entre le commencement du nouveau, me permirent de me reposer, mais pas suffisamment. Quelques semaines plus tard, la grippe ne m’a pas lâcha pas pendant deux mois, jusqu’à la fin de mon dernier contrat chez eux.

Quand vous êtes en contact avec des personnes qui souffrent, qui appellent à l’aide, qui finissent en larme à cause du désespoir et que la loi dit : « Non, on ne peut rien pour eux, c’est comme ça, les règles sont ainsi faites », comment doit-on réagir ?

Après la Caf, de nouveau, la recherche d’un emploi. Cette fois-ci, très vite, un nouvel entretien se concrétise par une embauche. Je travaillai ainsi dans les assurances décès.
Le travail était intéressant et paradoxalement, avec les collègues, l’ambiance était agréable et amusante. Il faut bien dans ce genre de branche sinon, on ne peut pas tenir à traiter, toute la sainte journée, des dossiers de décès de personnes de tous âges.

Tout comme le précédent, on est content de moi et l’on veut me garder, et je pèse encore une fois le pour et le contre.
Le pour : j’ai un trajet en voiture de 15 minutes, mes horaires sont très flexibles, le travail est intéressant, les collègues sont adorables. Je serais folle de ne pas accepter.
Mais il y a le contre : le salaire ne te permettra jamais d’être totalement indépendante, il n’y a pas de perspective d’évolution, certains traitements hiérarchiques sont intolérables, on ne peut pas travailler au meilleur rythme qui soit, etc.
Mais surtout, il y avait une voix qui me hurlait : « TU N’ES PAS FAITE POUR ÇA ! ! ! ! » Alors j’ai décliné la proposition que l’on m’avait faite. Et bizarrement, je me suis sentie légère. Je savais que j’avais pris la bonne décision, même si je devais, une nouvelle fois, me confronter à la recherche d’un travail. Mais j’étais plus confiante que jamais, car je sentais que quelque chose allait changer.

 

*******


Toutefois, mon destin et quelqu’un d’autre avaient décidé de ne pas me laisser faire n’importe quoi, cette fois-ci. Ils avaient décidé qu’ils me donneraient une dernière chance. Ils laissèrent toutes mes recherches d’emploi infructueuses. Au moment où je Imaginaire 313x500désespérais le plus, l’imaginaire repointa le bout de son nez, au bon moment cette fois-ci.

J’étais désespérée, et j’avais besoin de me raccrocher à quelque chose. Alors j’ai saisi la main qu’il m’avait tendue. Je l’ai accepté, avec crainte au début, mais j’ai fait fi de la peur le concernant, et ai persévéré.
C’est alors qu’un monde entier est né avec des milliers et des milliers de personnes qui n’attendaient que moi. Mes différentes personnalités se sont personnifiées. Les livres m’ont ouvert leur intimité, mon rêve de créer ma propre affaire a refait surface et a utilisé mon imaginaire pour se constituer plus fort que jamais. J’ai créé un Palais des mots. J’ai appris à me connaître, à pardonner, à apprécier tous les moments que j’avais vécus les bons comme les très mauvais, à m’aimer, à croire et j’ai recommencé à rêver.

En acceptant enfin ce pour quoi j’étais destiné, j’ai commencé à m’épanouir et à vraiment profiter. Puis, j’ai pu rencontrer Isabelle qui m’a présenté à ce quelqu’un qui avait toujours veillé sur moi et qui le fera jusqu’à la fin.
Aujourd’hui, je suis émerveillé à chaque fois que je comprends certaines choses qui s’étaient produites, qui n’avaient pas trouvé de sens, ou que j’avais mal interprétées. Reï ne m’a jamais abandonné, même quand je l’ai renié. Il m’a secoué quand j’en ai eu besoin. Il n’a jamais failli. Il a redoublé d’ingéniosité pour se révéler Image creation des mondes 313x500à moi. Merci à lui.

Vous vous demandez de qui je parle ? Vous pensez qu’il s’agit du personnage d’Éthra ?

Je ne vous dirais qu’une chose : « Ça, vous le saurez une prochaine fois »

Mais alors, au final, qui suis-je ?

Eh bien, je suis la future dirigeante d’une maison d’édition qui va crever la baraque, et la propriétaire du Palais des mots. J’ai un brin de folie incontesté qui me sied à ravir. Un imaginaire méga puissant qui ne cessera jamais de grandir. Je suis une mangeuse de livres et une manieuse de mots. J’ai un caractère que j’ai personnifié en plusieurs personnalités qui me permettent de m’adapter à toutes les situations.



Je suis Lydie Bod, votre hôtesse, la créatrice de mondes.

Lydie1 500x700

 

*******

Sources images :

  • http://www.colloquium.ca/event/formation-facebook-gerer-votre-communaute-web-sur-facebook/
  • http://www.bmsenlis.com/sitebmsenlis/galerie/picture.php?/772/category/198
  • http://www.apotea.se/voltaren-gel-23.2-mg-per-g-50-g
  • http://www.ville-chevilly-larue.fr/Culture-sport-patrimoine/Patrimoine/A-travers-les-edifices-et-plaques-des-rues/Jules-Verne
  • https://www.masquesdevenise.fr
  • http://www.des-livres-pour-changer-de-vie.fr
  • http://droit-finances.commentcamarche.net/contents/601-le-cdd-ou-contrat-de-travail-a-duree-determinee
  • http://img0.gtsstatic.com/wallpapers/ad3280013704f8fc7ecd5dc427de97ae_large.jpeg

Biographie Présentation Confidence Humour Vie Histoire Lydie

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !