#13 – Comment j’écris, 4e Partie

J'ai une relation bien particulière avec chacun de mes personnages. Pour moi, ils sont vivants, tout simplement.


 

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Salut tout le monde,

Cette fois-ci, c’est bel et bien le dernier Histoire de vie…

AH ! Vous y avez cru, hein ? Mais bien sûr que non, ce n’est pas le dernier Histoire de vie. C’est juste la dernière partie de la chronique « Comment j’écris ». En tout cas, pour l’instant.

Ça fait déjà quelques semaines que je la repousse, mais j’avais très envie de vous parler de la façon dont je communique avec mes personnages. Vous savez déjà que cela n’a pas été quelque chose d’évideImmersion by emi s d34skkdnt pour moi, et je ne reviendrai pas dessus. Cependant, maintenant que j’ai réussi à trouver comment faire, je ne sais pas si je pourrais m’en passer.

Non ! En fait, je sais pertinemment que je ne pourrais pas faire sans.

Vous avez déjà fait la connaissance de Reï, qui est mon personnage le plus aboutit de tous. Je n’aime pas parler d’eux en ces termes, j’ai l’impression de les déshumaniser. Ce que je veux dire, c’est que quand j’écris, j’utilise le procédé de l’immersion totale. Ouais, je vais l’appeler comme ça.

Mes personnages ne prennent pas vie uniquement quand je commence à coucher leur histoire sur le papier. J’ai pris la décision, un peu dangereuse peut-être, de les laisser vivre dans un petit coin de ma tête.

Cela n’a pas été une évidence, et j’en ai pris conscience tout bêtement, au détour d’une petite scène. Elle n’avait rien d’exceptionnel, et le personnage concerné n’était pas censé prendre autant d’importance.

L’avantage de ce que je vais vous dire va illustrer l’intégralité de tout ce que j’ai pu raconter jusqu’à maintenant.

Quand j’ai commencé la rédaction du premier jet de mon roman, j’avais une vague idée de ce que je voulais écrire. J’étais encore dans l’optique d’aller dans la lignée de ce que j’avais imaginé. J’ai recommencé le début quatre fois jusqu’à ce que j’en ai marre et que j’écrive, tout simplement. Et là, l’histoire a commencé à suivre son cours, et ce fameux personnage que j’appellerai Mister ?...300x3001

Mister? : Tu te fous de ma gueule là ! Genre, j’ai une tête à m’appeler Mister ?. Ça fait strip-teaser !

Lydie : Oh Mister ? !

Mister ? : Non sérieux, trouve mieux, parce que là c’est mauvais.

Lydie : Oh, t’as pas fini de râler ?! Et puis, qu’est-ce tu fais là d’abord ?

Mister ? : J’ai des raisons de râler. Tu m’as laissé en plan depuis plusieurs mois maintenant. Vraiment pas sympa la créatrice. Je t’aide et voilà comment tu me remercies. En plus, tu m’as traité de personnage mineur.

Lydie : Hey ! Mais j’ai jamais dit ça !

Mister ? : Ah oui ? Parce que dire que ma scène n’était pas importante ça veut dire quoi, hein ?!

Lydie : Ça veut rien dire du tout. J’exposais juste un fait. En plus, je te rappelle que c’est parce que tu pensais trop fort que je me suis rendu compte que je pouvais voir vos introspections qui n’étaient pas de mon fait.

Mister ? : Ah, parce que maintenant je pense trop fort ?!

Lydie : …(rires)

Mister ? : Et tu te fous de moi, en plus. De mieux en mieux.

Lydie : (rires) Ah, allez, boude pas, va. Ça m’avait juste manqué. J’avais oublié à quel point tu pouvais avoir le sang chaud. Je sais bien que tu as envie de nous rejoindre au BooKKyûden, je l’ai senti.

Mister ? : J’ai surtout envie que tu continues là, où tu t’es arrêtée. C’est que c’était bien parti pour moi.

Lydie : Andouille.

Mister ? : Bah attends, c’est vrai quoi.

Lydie : Bon est-ce que tu pourrais me laisser continuer?

Mister ? : Vas-y, personne t’en empêche, moi je reste là en tout cas.

 

Bon, alors, quand je suis arrivée dans cette scène, la sensation que j’ai eue a été très étrange. C’est moi qui écrivais bien sûr, et cela venait de mon cerveau, mais j’ai eu l’impression de véritablement d'être quelqu’un d’autre. Je ressentais également des émotions que je n’aurais pas dû ressentir, et en plus de ça, je me souvenais de choses que je n’avais pas vécues. J’étaisVice versa entrée dans la tête de mon personnage.

J’ai même été un peu gênée au début. Ça me faisait tout drôle. J’avais l’impression de violer son intimité. Mais, j’ai senti qu’il me laissait faire.

Mister ? : Ben oui, t’es bête. Je savais très bien que t’étais là, puisque tu me suivais. Et puis, tu sais bien que quand j’ai envie de faire quelque chose personne ne m’en empêche.

Enfin, peu importe. L’essentiel est que j’ai compris, à cet instant, que c’était inutile que je m’égosille à vouloir à tout prix instaurer la situation que j’avais décrétée. Le plus important, au début, était de les laisser faire, en prenant simplement le statut d’observatrice.

J’ai eu d’excellentes surprises en procédant de la sorte. Des choses que je n’avais absolument pas prévu se sont produites. Des personnages que je n’avais même pas espéré faire naître un jour sont venus d’eux-mêmes. En acceptant de leur laisser le champ libre, je les ai libérés, et moi avec.

Mister ? : Mais c’est pas vrai pour tous. Je fais partie de ceux, qui sont le plus faciles à observer, non ?

Lydie : Tu as raison, c’est toujours un plaisir d’être avec toi. Je n’ai jamais de difficultés. Malgré tes airs de bougon solitaire, tu es très ouvert, c’est pour ça. C’est également vrai pour Tiulsun, Laïdolyn, Ina, et quelques autres encore. En général, vous tenez surtout de ChoupieS ou d’Ana. Il y en a qui sont beaucoup plus réservés, comme Mavis qu’ils ne connaissent pas, et qui tient plus de Stellyna, ou de moi-même. Et il y a également ceux, qui n’ont aucune envie que j’entre dans leur intimité.

Mister ? : Comme qui ?

Lydie : Reï ou…

Mister ? : Hein ? Reï ? Je pensais que vous vous entendiez comme cul et chemise.

Lydie : Sans conteste, toi tu tiens d’Ana. Non, mais, ce n’est pas parce qu’on s’entend bien qu’il a envie que je connaisse tout de lui.

Je pense que les personnages qui ne veulent pas que j’entre dans leur vie, dans le détail, ont des blessures personnelles qu’ils veulent dissimuler, ou alors ne sont pas près eux-mêmes à affronter. Et puis, il y a ceux qui ont tout simplement des choses à cacher. En général, ils tiennent plus de Gwen.

 

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J’aime énormément cette façon de procéder qui comporte beaucoup d’avantages, mais il y a aussi des inconvénients comme dans toute chose.

Les problèmes qu’il peut y avoir à utiliser cette méthode d’immersion complète sont qu’elle est très éprouvante. J’ai des fous rires quand mes personnages se retrouvent dans des situations cocasses, je suis angoissée quand ils ont peur, je suis inquiète pour eux quand ils sont en danger, j’ai même pleuré, une fois, en croyant qu’un d’eux allait mourir. En l’occurrence, l’histoire a fait qu’il a survécu, mais ça a été très difficile. Après de telles séances d’écriture, je suis fatiguée, et ai beaucoup de mal à me concentrer par la suite.

 

Il y a un autre inconvénient à utiliser une telle méthode, et c’est ce que Zsadist, le personnage de JR Ward, dans la Confréire de la dague noire, dit (Z. :  Parce que, quand tu es là, elle ne sait plus très bien où se trouve la frontière entre fiction et réalité. (Il me jette un coup d’œil.) C’est pas vrai ?  extrait dans la 2e partie). Il a raison. Faire intervenir les personnages dans notre réalité, où empiéter dans la leur, amenuise les frontières entre le monde du réel et celui de la fiction. Conserver cette distinction entre les deux est ce qui sépare une personne « saine d’esprit » d’une atteinte de schizophrénie. Les faire disparaître l’espace d’un instant, voire même les brouiller, est tout simplement jouer avec le feu. On a beau connaître son esprit, jusqu’à quel point sommes-nous capables de le pousser ?Texte

Alors, vous me direz que tout le monde n’écrit pas de cette manière et que cela donne de très bons textes. Je suis entièrement d’accord avec vous. J’irais même plus loin, en disant que j’admire les gens qui ne sont pas obligés d’en venir à de tels extrêmes pour sortir une belle histoire.

 

Un autre problème de cette méthode peut aussi se retrouver dans les autres, mais ne revêtira les mêmes implications.

Quand on écrit une histoire en la contrôlant de A à Z, il peut y avoir des soucis de cohérence, car parfois, l’on peut vouloir suivre sa ligne directrice sans tenir compte des personnages. Cela va entraîner une histoire bancale. Par contre, en s’immergeant dans l’esprit des personnages, le risque est de tellement les apprécier qu’on ne veut plus les voir évoluer. Dans ce cas, en plus d’avoir une histoire bancale, il s’agit d’une trahison envers les personnages, l’intrigue, mais aussi envers soi-même.

Ce que je veux dire par là, c’est que les personnages sont les enfants d’un auteur. On les met au monde, on les voit évoluer, et après ils vivent leur vie, et parfois ils meurent aussi. L'auteur a donc des difficultés à le laisser voler de ses propres ailes. Quand je vous ai dit qu’un de mes personnages avait échappé à la mort, à votre avis pourquoi étais-je si désespéré ? J’aurais très bien pu arrêter d’écrire et reprendre tout le passage pour éviter de passer par là. Je n’ai pas choisi de le faire, et pour être vraiment honnête je n’ai pas pu le faire.

Alors que j’écrivais, je sentais l’inévitable se profiler, j’ai cherché des solutions pour éviter que cela n’arrive, mais quelque chose m’en empêchait. J’avais une petite voix dans la tête, l’intrigue peut-être, qui me disait que je ne devais pas interférer. Et j’ai été la première surprise en voyant qu’il n’allait pas mourir, et que la direction prise était la bonne. J’ai compris que cela n’allait pas toujours être comme ça, mais j’ai vu que si j’avais interféré j’aurais tout gâché.

 

Alors au final, Comment j’écris ?

Je ne fais pas de plan, je m’isole de toutes interférences extérieures, je mets une musique qui colle à l’ambiance que je souhaite avoir, et surtout je laisse mes personnages vivre leur vie.

Et moi dans tout ça, qu’est-ce que je fais ? Eh bien moi, je couche sur le papier ce qu’ils m’ont montré, et une fois que c’est fait, c’est là que j’entre en scène. Je leur pose plein de questions afin d'obtenir des précisions sur tel ou tel événement, j'ordonne, et j’essaie de rendre le tout lisible.

La cohérence de l’intrigue. Je ne m’en fais pas pour elle, je n’ai pas à m’en mêler. N’oubliez pas la phrase de Stellyna : « Il n’y a pas de mauvaise histoire, juste de mauvaise façon de les raconter. »

Mister ? : Waouh ! T’as failli me faire chialer sérieux.

Lydie : Pffff, c’que t’es bête. Tu me gâches mon effet là.

Mister ? : Oh moman……Bebe grandir

Lydie : Mais arrête tes conneries, bon sang, lâche-moi !

Mister ? : (rires) Bon allez, je vais y aller. C’est pas tout ça, mais j’ai du boulot.

Lydie : C’est ça, va donc travailler, et laisse-moi corriger ma chronique que je puisse la mettre en ligne.

Mister ? se lève du fauteuil où il était assis à côté de Lydie, et se dirige vers la porte. Mais en l’entrouvrant, il s’arrête et se retourne.

Mister ? : Hey Boss !

Lydie : Hum…

Mister ? : Merci.

Lydie : De quoi ?

Mister ? : Je crois que tu le sais. Allez, à plus.

Les deux protagonistes se regardent quelques secondes, se sourient, et Mister ? s’en va.

 

Ben voilà, il m’a mis le cafard, c’est malin. Si j’étais certaine de ne pas me faire harceler par toute une armée, je dirais que c’est lui que je préfère. J’espère que le jour où je devrais écrire sa mort viendra le plus tard possible.

Voilà, on en a fini pour cette chronique. Je reviendrai vers vous bien plus tard pour vous parler encore d’écriture, mais on va se laisser un peu de temps, d’accord ?!

Oui ! Je reviendrais quand j’aurais terminé la deuxième mouture du Démon de Fareïs. Eh oui, c’est le titre du roman qui patiente gentiment. S’il ne change pas en fin d’écriture. Je peux dire aussi que c’est un Tome 1.

Mister ? a bien fait de venir. Je crois que c’était bien calculé de sa part. Il a dû sentir qu’il ne me fallait pas grand-chose pour que je m’y attèle. J’avais prévu de poursuivre l’écriture de Fantasme, car il devait me donner des éléments pour Le Démon de Fareïs, mais je vais devoir faire sans, mais je fais confiance à Tyren et les autres pour venir au bon moment.

 

Je vais vous laisser sur une dernière petite pensée.

Même si j’avais promis de ne pas donner de conseils, je vais tout de même vous en donner quelques-uns. Si vous avez envie d’écrire, ne vous prenez pas trop la tête sur, quelle ou quelle méthode appliquée. Et aussi, apprenez à vous connaître, c’est comme ça que vous déterminerez ce qui vous convient le mieux. En fin de compte, le plus important est de vous faire plaisir avant toute chose. Ne pensez pas au quand dira-t-on. Soyez honnête envers vous-même, envers votre histoire, et n’oubliez pas vos personnages. Sans pour autant entrer dans une technique d’immersion extrême, n’oubliez pas que c’est eux qui vivent dans votre histoire. Ils ont leurs joies, leurs peines, leurs forces et leurs faiblesses.

Une bonne chose de dite, je trouve. Bon! eh bien, je crois que je n'ai rien oublié, je vais aller chercher mon sujet pour la semaine prochaine, alors.

À bientôt, et portez-vous bien,

Bye Bye ^_^

** FIN **

 


Sources images:

  • http://touchedbyred.deviantart.com/art/Immersion-189450013
  • http://amicaleduhautanjou.fr/partenaires/
  • http://www.atlantico.fr/decryptage/voulez-tout-comprendre-au-fonctionnement-cerveau-enfants-courez-voir-vice-versa-dernier-pixar-pixar-herve-platel-2210585.html
  • http://ecoce-blog.fr/2014/02/06/newsletter-gerer-plusieurs-fonds-de-boulangeries-dans-une-meme-entite/
  • http://radiomirliton.hautetfort.com/grandir/

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